Maroc
C'est un territoire tampon, à la frontière de la Mauritanie, qui concentre aujourd'hui tout les regards.
A en croire les Nations Unies, le Maroc a "sécurisé" la zone de Gerguerat dans l'extrême sud-ouest du Sahara Occidental. Mais la récente annonce d'une rupture du cessez le feu et la déclaration de "l'état de guerre" par les indépendantistes du Front Polisario a replongé la région dans l'incertitude.
Les blocus du Polisario n'étaient déjà bon pour les affaires dans ce coin surnommé "Kandahar", en référence aux trafic du sud de l'Afghanistan. Mais pour certains, le récent déploiement des forces armées marocaines a sonné le glas du commerce.
Venu tenter sa chance à Guerguerat il y a une dizaine d'années, Kamal Zerfi est désormais obligé de fermer sa casse automobile.
"Cet endroit s'appelle Kandahar, c'est une zone tampon : les Sahrahouis, les Marocians, les Mauritaniens ils y font leurs affaires. Ils commercent et vendent des voitures qui viennent de l'étranger, de l'Europe, à l'Afrique et la Mauritanie, certaines reviennent au Maroc. Ils y a des biens qui viennent de la Mauritanie qui transitent par ce parking", explique Kamal.
Mais avec les récents développements des tensions entre les autorités marocaines et le Front Polisario, le ferrailleur estime que les habitants de Guerguerat sont menacés. "Nous demandons qu'une solution soit trouvée pour nous, que l'on nous voit comme des êtres humains. Les gens de Kandahar travaillaient avant à la casse, ils ont des familles et des responsabilités. Ils ont tous perdu."
Les douanes marocaines ont considéré que les activités de Kamal étaient illégales, malgré ses protestations. De son commerce, il ne reste désormais que des débris éparpillés, et des carcasses de voitures incendiées. Celles en meilleur état ont été emportées par les autorités marocaines.
Rabat a fait construire un mur de sable pour sécuriser la route jusqu'au poste-frontière où pavoisent désormais des drapeaux marocains alors que le royaume chérifien tente de trouver une fin à son problème sahraoui.
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