République démocratique du Congo
Quatre civils et un policier ont été tués lundi à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, en marge d’une manifestation contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.
Le meurtre par balles et le lynchage par les manifestants d’un agent de police” et le “décès par balles perdues d’un civil” sont “à déplorer”, selon le colonel Pierrot-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police.
“Ils disent qu’ils ont reçu un message comme quoi il y aurait des Maï-Maï parmi les manifestants, et c’est ainsi qu’ils ont commencé à tirer à balles réelles à bout portant dans la population. On se demande quel Maï-Maï viendrait manifester dans le quartier Majengo ? Les Maï-Maï sont à l’épreuve des balles, mais c’est notre jeune frère civil qui viennent d’être tués comme des bêtes. J’étais là, je garde un malade dans le dispensaire d’à côté, j’ai vu quatre corps.” A déclaré Francis Paluku, habitant de Majengo, témoin de la scène.
Francis PALUKU, habitant de Majengo accuse la police de ne pas protéger la population. L’officier a accusé, sans les nommer, “certains opérateurs politiques” d’instrumentaliser la jeunesse, en les poussant à “donner la mort à autrui”.
“Notre police n’a aucune formation, eux même savent qu’ils ne sont pas formés. Je n’ai jamais vu ça ailleurs, une police qui tire en plein dans la population civile non armée en pointant le canon de leurs fusils dans la masse. C’est du jamais-vu et nous regrettons beaucoup.”
La manifestation a été organisée par le collectif d’actions de la société civile (Casc), qui comprend le mouvement Lutte pour le changement (Lucha).
Vingt-huit jeunes, dont deux femmes, ont été “interpellés” et “seront auditionnés afin d‘établir les charges retenues contre chacun” d’eux, a déclaré le général Placide Nyembo, commandant de la police du Nord-Kivu.
Ce dernier a également indiqué que 18 civils et quatre policiers avaient été blessés en marge de la manifestation.
Pourtant, plusieurs d’entre eux affirment avoir été interpellés de force chez eux ou dans la rue, sans aucune raison.
La tension politique est vive en RDC en raison du maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.
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