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Éthiopie : les observateurs redoutent un embrasement national et régional

Des soldats éthiopiens défilent à Addis-Abeba en hommage aux militaires morts dans le conflit du Tigré, le 3 novembre 2022.   -  
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Ethiopie

La reprise des affrontements dans le nord de l’Éthiopie pourrait s’étendre au-delà du Tigré et déstabiliser davantage la Corne de l’Afrique, avertit l’International Crisis Group (ICG).

Les forces fédérales éthiopiennes affrontent de nouveau le Front populaire de libération du Tigré (TPLF). Mais contrairement à la guerre de 2020-2022, la configuration des alliances a évolué. Les groupes Fano de la région Amhara pourraient désormais combattre aux côtés du TPLF, alors qu’ils étaient opposés aux forces tigréennes lors du précédent conflit.

Une alliance qui inquiète

Le TPLF et les Fano font partie de l’« Alliance pour la survie », une coalition réunissant plusieurs groupes opposés au gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed.

Selon Magnus Taylor, directeur adjoint de projet pour la Corne de l’Afrique à l’International Crisis Group, leur coopération pourrait représenter un défi important pour les forces fédérales si elle débouche sur des opérations militaires coordonnées.

L’analyste redoute également un élargissement des affrontements à d’autres régions du pays. Des offensives pourraient notamment être déclenchées en Oromia, dans la région somalienne ou encore à Benishangul-Gumuz.

L’accord de Pretoria menacé

Cette nouvelle escalade fragilise l’accord de paix de Pretoria, signé en 2022 pour mettre fin à deux années de guerre au Tigré. Une extension du conflit pourrait également avoir des conséquences régionales et entraîner l’Érythrée voisine dans la crise.

La situation est d’autant plus préoccupante que la Corne de l’Afrique est déjà confrontée à l’instabilité provoquée par la guerre au Soudan.

Pour l’International Crisis Group, une guerre plus longue peut encore être évitée. L’organisation appelle les acteurs internationaux et régionaux disposant d’une influence sur les différentes parties à encourager la retenue et un retour aux négociations plutôt qu’une poursuite des combats.