Mauritanie
Le président mauritanien a accordé sa grâce à deux députés de l'opposition condamnés à quatre ans de prison pour l'avoir accusé de discrimination raciale à l'encontre des Noirs et des descendants d'esclaves.
Le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a annoncé cette grâce à Mariem Cheikh et Ghamou Achour, dans un décret publié jeudi.
Toutes deux membres de l’organisation de défense des droits de l’homme « Initiative pour la renaissance du mouvement abolitionniste », les deux parlementaires étaient accusées d’avoir qualifié M. Ghazouani, sur les réseaux sociaux, de force motrice de « l’apartheid en Mauritanie », en Afrique de l’Ouest.
Outre la peine de prison, la décision rendue début mai par le tribunal ordonnait également le retrait des contenus numériques, la confiscation des téléphones des deux femmes et la fermeture de leurs comptes en ligne.
L’esclavage a été officiellement aboli en Mauritanie en 1981, mais il persiste et reste un sujet sensible, même si les sanctions ont été alourdies en 2015.
Le pays compte 5,5 millions d’habitants, répartis en plusieurs groupes ethniques, notamment les Maures, les Haratins, les Soninkés et les Peuls. Les Haratins sont les descendants d’esclaves noirs subsahariens affranchis.
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