République démocratique du Congo
Un an après la signature de l’accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda à Washington, l’espoir d’un retour à la stabilité dans l’Est de la RDC s’amenuise. À Goma, chef-lieu du Nord-Kivu toujours sous contrôle du M23, les habitants dénoncent l’absence de changement concret et la poursuite des violences.
Le 26 juin 2025, la signature de cet accord avait suscité de nombreux espoirs parmi les populations affectées par des années de conflit. Présenté comme une étape majeure vers la fin des hostilités dans l’Est de la RDC, le texte devait ouvrir la voie au dialogue, au désengagement militaire et à un retour progressif de la paix. Mais un an après, le constat reste amer pour plusieurs habitants de Goma.
Dans une ville marquée par l’instabilité et les déplacements de populations, beaucoup estiment que les engagements pris lors de cette rencontre diplomatique n’ont pas amélioré leur quotidien.
«Lorsqu’ils sont partis signer, nous étions heureux parce que nous pensions que la guerre allait prendre fin. Mais sur le terrain, c’est le contraire. Nous continuons à souffrir. Ces accords ne produisent absolument rien », témoigne Delphin Kulongwa, habitant de Goma.Pour Elysé Gisanagabo, un autre habitant, les annonces faites lors de l’accord n’ont pas été suivies d’effets visibles.
_« La RDC et le Rwanda ont signé, mais depuis que nous l’avons appris, cela fait maintenant un an et rien ne marche. Ils vont signer et reviennent sans aucune solution palpable »,_déplore-t-il.
Au-delà de la déception populaire, certains analystes pointent du doigt le manque de confiance entre les acteurs impliqués dans le processus de paix. Selon Jacinthe Maarifa, analyste indépendant, les engagements pris restent difficiles à respecter sans un véritable climat de confiance entre les parties.
« Sans confiance, il est très difficile que les uns ou les autres respectent leurs engagements. Quelques jours après l’accord, on a vu comment les deux parties ont récupéré l’accord à leur manière, avec des discours qui ne renforcent pas le climat de confiance », explique-t-il.
Pour cet analyste, les difficultés étaient perceptibles dès les premiers mois suivant la signature. Il estime que certaines décisions prises après l’accord ont contribué à fragiliser davantage le processus.
« Il y a eu des actions qui, d’une certaine manière, ont compromis cet accord, notamment des sanctions qui ont été émises contre l’une des parties par les médiateurs. C’était un accord voué à l’échec et cela n’a pas tardé à devenir évident. Un an après, nous n’avons toujours pas de paix », affirme Jacinthe Maarifa.
À Goma et dans plusieurs territoires affectés par le conflit dans l’Est de la RDC, les populations attendent désormais des résultats concrets. Pour elles, les déclarations diplomatiques ne suffisent plus : la paix devra se traduire par la fin des combats, le retour de la sécurité et la possibilité de reprendre une vie normale.
01:08
RDC : l'OMS lance des essais cliniques de traitements contre Ebola
01:56
Ebola en RDC : le risque mondial "reste faible", selon l'OMS
01:09
Un premier cas d'Ebola détecté en France
01:00
Mondial 2026 : euphorie au Ghana après le nul contre l'Angleterre
01:57
L'OMS alerte sur l'ampleur de l'épidémie d'Ebola, la FAO s'inquiète d'El Niño
02:17
À Kinshasa, le restaurant "Zaïre" revisite la cuisine traditionnelle congolaise