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Amnesty dénonce la coopération migratoire de l’UE avec une Libye « raciste »

Immigrants, center, gather at Mitiga gathering point of anti immigration department in Tripoli, after coastguards rescued them off the Libyan coast, Thursday, April. 13, 2017.   -  
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LIBYA

Libye

Amnesty International a condamné, mardi, la décision de l’Union européenne d’accroître sa coopération avec la Libye pour freiner les flux migratoires, alors même que la répression contre les migrants s’intensifie dans le pays.

La Libye est l’un des principaux points de départ d’Afrique du Nord pour les migrants qui risquent leur vie en traversant la Méditerranée afin de rejoindre l’Europe.

Selon l’organisation de défense des droits humains, tant le gouvernement reconnu par les Nations unies que l’administration rivale basée dans l’est du pays mènent des opérations de répression contre les migrants et alimentent les sentiments anti-migrants à travers des « déclarations xénophobes et racistes ».

« L’Union européenne cherche à renforcer sa coopération migratoire avec les autorités libyennes rivales et les groupes armés qui leur sont alliés, alors même qu’ils intensifient leur campagne d’arrestations massives à caractère racial, de détentions arbitraires et d’expulsions collectives illégales de réfugiés, de demandeurs d’asile et de migrants, soutenue par un discours xénophobe », a déclaré l’organisation basée au Royaume-Uni.

Depuis la chute et la mort du dirigeant de longue date Mouammar Kadhafi en 2011, à la suite d’un soulèvement soutenu par l’OTAN, la Libye est plongée dans les divisions et l’instabilité.

Le pays est aujourd’hui partagé entre le gouvernement basé à Tripoli et une administration orientale soutenue par le commandant militaire Khalifa Haftar.

Cette situation a favorisé le trafic d’êtres humains ainsi que de nombreuses violations des droits des migrants, qui sont notamment victimes d’extorsion et d’esclavage, selon l’ONU et plusieurs ONG internationales.

D’après Amnesty, l’Union européenne cherche à mettre en place un Centre de coordination des secours maritimes (MRCC) dans la ville de Benghazi, dans l’est du pays.

La directrice régionale adjointe d’Amnesty, Diana Eltahawy, a affirmé que l’UE était déjà « complice de violations et d’abus horribles » en raison de son soutien financier aux garde-côtes libyens, qui interceptent régulièrement les embarcations de migrants.

Elle a ajouté :

« Étendre cette coopération à des groupes armés basés dans l’est du pays, qui ont commis des crimes de guerre et d’autres abus en toute impunité, témoigne d’un mépris choquant non seulement pour le droit international, mais aussi pour la vie humaine et la dignité. »

Mme Eltahawy a appelé l’UE et ses États membres à « suspendre leurs politiques de confinement qui enferment les personnes dans des cycles d’abus ».

La question migratoire suscite également de fortes tensions parmi les Libyens. Début juin, des centaines de personnes se sont rassemblées devant le siège du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Tripoli afin de protester contre la présence de migrants et de réfugiés en situation irrégulière, estimant qu’ils devraient quitter le pays.

Selon les estimations de l’Organisation internationale pour les migrations>, environ 900 000 migrants et réfugiés vivaient en Libye à la mi-2024.

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