Bamako
Au Mali, les autorités ont lancé depuis le 15 juin l'immatriculation obligatoire de toutes les motos et de tous les tricycles.
Présentée comme une mesure destinée à renforcer la sécurité et à mieux contrôler les véhicules en circulation, cette réforme suscite toutefois de nombreuses inquiétudes chez les conducteurs qui dépendent de leur deux-roues pour gagner leur vie.
À Bamako, les motos sont omniprésentes. Elles constituent le principal moyen de déplacement pour une grande partie de la population et représentent une source de revenus essentielle pour des milliers de conducteurs de motos-taxis.
Dans le quartier du Fleuve, Ibrahim Traoré, conducteur de moto-taxi, redoute les conséquences de cette nouvelle obligation.
« Si on nous demande d’aller faire la queue dans les files d’attente pour l’immatriculation, c’est vraiment difficile pour nous. La plupart des motos que nous conduisons ne nous appartiennent pas. Ce n’est pas un problème en soi, mais cela affecte directement nos familles, car nous gagnons notre vie au quotidien et, vu l’état actuel du pays, tout est cher. »
Pour les autorités, cette campagne vise à améliorer l'identification des véhicules et à renforcer la lutte contre l'insécurité. Les propriétaires doivent désormais obtenir une carte grise après une procédure d'expertise et de paiement.
Le directeur régional des Transports du district de Bamako, Diakaridia Diallo, rappelle que cette formalité concerne l'ensemble des motos et tricycles.
« Tout le monde doit avoir une carte grise et chaque tricycle aussi doit avoir une carte grise. C’est pourquoi il est nécessaire que les gens viennent effectuer les démarches afin d’être servis. Après l’expertise et le paiement, la douane et nos services sont désormais interconnectés par le biais de l’informatique. »
Sur le terrain, certains habitants soutiennent cette initiative, estimant qu'elle permettra de mieux sécuriser les déplacements et de faciliter l'identification des véhicules.
« Les gens ont compris pourquoi il est nécessaire d’immatriculer les motos. C’est pour notre sécurité. J’invite tous les Maliens à le faire le plus vite possible », affirme Mohammed Aly Ag Alyda, un habitant de Bamako.
Reste désormais à convaincre les conducteurs les plus modestes. Pour beaucoup d'entre eux, les démarches administratives, le coût de l'immatriculation et le temps consacré aux formalités risquent de peser sur des revenus déjà fragilisés. Les autorités devront ainsi trouver un équilibre entre les impératifs de sécurité et les réalités économiques d'une population largement dépendante de la moto pour vivre.
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