guerre d'Algérie
La ministre déléguée aux Armées française, Alice Rufo, s'est rendue vendredi à Sétif, dans l'est de l'Algérie, pour assister aux cérémonies commémorant la répression, en 1945, de manifestants algériens majoritairement musulmans par les troupes coloniales françaises.
Alice Rufo était accompagnée de l’ambassadeur Stéphane Romatet, qui reprendra ses fonctions dans ce pays d’Afrique du Nord plus d’un an après avoir été rappelé de son poste.
Cette visite marque un signe majeur de rapprochement entre Alger et Paris, l’Élysée affirmant qu’elle reflétait la "détermination à aborder les relations entre la France et l’Algérie avec honnêteté, tout en respectant toutes les mémoires qui y sont liées" et à "rétablir un dialogue efficace".
Les relations entre la France et l'Algérie sont tendues depuis 2024, date à laquelle Paris a officiellement soutenu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, territoire contesté où l'Algérie soutient le Front Polisario, favorable à l'indépendance.
La répression de 1945 menée par le général français Raymond Duval a fait jusqu’à 45 000 morts, selon les chiffres partagés par l'Algérie. Des manifestations en faveur de l’indépendance ont éclaté à la suite d’un rassemblement le 8 mai de cette année-là, marquant la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie.
Commémoration du massacre du 8 mai et renforcement des liens
Les tensions entre Alger et Paris se sont aggravées en 2024 à la suite de l’arrestation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal — qui a été gracié en novembre dernier — et en avril 2025 lorsqu’un fonctionnaire consulaire algérien a été inculpé en France pour l’enlèvement présumé de l’influenceur algérien et critique du gouvernement, Amir DZ.
La visite de vendredi est le deuxième déplacement d’un ministre français en Algérie en moins de trois mois, après celui du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez en février.
Alors que les deux pays montrent des signes d'apaisement diplomatique, une question reste en suspens : la détention d’un journaliste sportif français en Algérie pour des accusations de terrorisme.
Christophe Gleizes, 37 ans, a été arrêté en mai 2024 alors qu’il se rendait dans la région de Kabylie, au nord-est de l’Algérie, pour écrire un article sur le club de football le plus titré du pays, la Jeunesse Sportive de Kabylie.
En juin de l’année dernière, il a été condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme" après avoir été accusé d’avoir été en contact avec un membre du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), un groupe basé à l’étranger que les autorités algériennes ont qualifié d’organisation terroriste.
Sa famille a déclaré la semaine dernière que le journaliste avait retiré son recours devant la plus haute juridiction algérienne, une décision qui pourrait ouvrir la voie à une grâce présidentielle.
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