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São Tomé-et-Principe : le cacao au cœur de la restauration forestière

Des enfants devant leur maison, dans la forêt tropicale de Riba Mato, une banlieue de São Tomé, la capitale de São Tomé-et-Príncipe, le 7 novembre 2006.   -  
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São Tomé and Príncipe

À São Tomé-et-Principe, le cacao n’est pas seulement une culture : il devient un levier de restauration écologique et de développement économique, porté par de jeunes producteurs et des initiatives internationales.

Dans l’archipel situé au large de l’Afrique de l’Ouest, une nouvelle génération de producteurs de cacao se mobilise pour restaurer des terres et des forêts dégradées tout en consolidant leur économie locale. Soutenue par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), cette dynamique s’inscrit dans le cadre de The Restoration Initiative, un programme international visant à restaurer les écosystèmes et à promouvoir une agriculture durable.

Parmi eux, Camila Varela De Carvalho, 32 ans, parcourt chaque matin sa plantation avec un seau et un outil artisanal façonné dans une branche de bois. Elle récolte avec précision les cabosses, les ouvre et en extrait les fèves de cacao, destinées à devenir du chocolat. « J’ai commencé à travailler dans l’agriculture à huit ans », raconte-t-elle. Mère de quatre enfants et tutrice de ses neveux, Camila incarne cette génération pour qui le cacao est bien plus qu’une source de revenu : il assure l’indépendance et la stabilité de sa famille.

Face à la dégradation des terres due à l’agriculture intensive et aux changements climatiques, plus de 8 000 hectares d’agroforesterie ont déjà été restaurés depuis 2019. L’objectif : atteindre 36 000 hectares d’ici 2030, soit près d’un tiers du territoire national. Plus de 240 000 plants d’espèces locales ont été produits et replantés pour recréer un couvert forestier, garant de l’ombre nécessaire à la culture du cacao et de la biodiversité. « Ces coopératives opèrent dans des zones dégradées. Notre priorité est de les soutenir financièrement pour restaurer les paysages agricoles », explique Faustino Oliveira, coordinateur national du projet pour la FAO.

La coopérative CECAB joue un rôle central dans cette transformation. Fédérant 37 groupes de producteurs et soutenant plus de 2 000 familles, elle introduit des pratiques agroforestières durables et facilite l’accès aux certifications biologiques et équitables. Grâce à elle, les producteurs peuvent vendre leur cacao de façon plus fiable et valorisante.

En 2022, CECAB a franchi une nouvelle étape en inaugurant sa propre fabrique de chocolat biologique, permettant de transformer localement la récolte et de créer un produit à plus forte valeur ajoutée. « Pour la première fois, nos producteurs transforment eux-mêmes leur cacao. C’est un rêve devenu réalité », se réjouit Antonia dos Lantos Neto, directrice de la fabrique.

Le projet accompagne également les producteurs dans le développement de compétences entrepreneuriales. Camila rêve aujourd’hui de fabriquer son propre chocolat à partir de sa récolte, consolidant son autonomie et valorisant son travail.

Cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large, soutenu par le Fonds pour l’environnement mondial, l’Union internationale pour la conservation de la nature et le Programme des Nations unies pour l’environnement. À l’occasion de la Journée internationale des forêts, le 21 mars, le rôle économique et écologique des forêts est célébré. « Investir dans la forêt est une solution gagnant-gagnant », rappelle Thais Linhares Juvenal, experte forestière à la FAO. Les forêts régulent les sols et le climat, assurent la pollinisation et renforcent la résilience des paysages, tout en soutenant l’économie locale et mondiale.

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