Bienvenue sur Africanews

Merci de choisir votre version

Regarder en direct

This Is Culture

this-is-culture

RDC : la rumba entre héritage et modernité

La pop star congolaise Papa Wemba est porté en triomphe par ses fans alors qu'il quitte le tribunal de Bobigny, près de Paris, mardi 16 novembre 2004.   -  
Copyright © africanews
REMY DE LA MAUVINIERE/AP

République démocratique du Congo

À Kinshasa, la rumba continue de résonner dans les bars populaires, mais aussi dans un lieu dédié à sa mémoire : le Musée national de la rumba congolaise.

Installé dans l’ancienne maison de la star Papa Wemba, décédé en 2016, le musée expose costumes flamboyants, archives rares et instruments traditionnels. Des visites guidées, conférences et concerts sont également organisés pour faire vivre ce patrimoine musical inscrit en 2021 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO.

Pourtant, l’engouement reste limité. Selon les responsables, à peine une centaine de visiteurs ont franchi les portes du musée depuis son ouverture.

Depuis les années 1950 et 1960, des figures emblématiques comme Franco Luambo, Tabu Ley Rochereau ou Grand Kalle ont façonné l’identité musicale des deux Congo.

Mais aujourd’hui, dans les clubs branchés de Kinshasa, la rumba traditionnelle est souvent supplantée par des sonorités plus modernes, mêlant afropop et RnB. Un style porté à l’international par des artistes comme Fally Ipupa. Pour les défenseurs du genre, le risque est réel : voir la rumba perdre progressivement son essence face aux influences extérieures.

Former pour préserver

Avec moins de 1 % du budget national consacré à la culture, la préservation repose en grande partie sur des initiatives locales. À l’National Institute of the Arts (INA), les enseignants forment les jeunes musiciens à la théorie musicale et à l’histoire de la rumba depuis 2022.

L’objectif : structurer un savoir longtemps transmis oralement. Car cette tradition, aussi vivante soit-elle, reste fragile.

Des chercheurs et étudiants ont déjà entrepris de transcrire entre 300 et 400 chansons diffusées à la radio ou conservées sur vinyle, afin d’en garantir la transmission. Au-delà de la musique, la rumba est perçue comme un marqueur identitaire fort en Democratic Republic of the Congo et en Republic of the Congo.

Pour beaucoup à Kinshasa, préserver la rumba ne relève pas seulement du patrimoine culturel. C’est protéger une mémoire collective, une histoire et une fierté nationale.

Reste à savoir si les nouvelles générations sauront s’approprier cet héritage sans en diluer l’âme.

Voir plus