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Guerre en Ukraine : des Ougandais aussi recrutés par la Russie

Guerre en Ukraine : des Ougandais aussi recrutés par la Russie
Des soldats de l'armée ougandaise se tiennent devant une foule, à Kampala, en Ouganda, le 31 août 2018   -  
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AP Photo/Ronald Kabuubi

Ouganda

Une vidéo publiée en ligne le mois dernier montre un groupe de soldats dans une forêt enneigée chantant une chanson ougandaise. En arrière-plan, une voix russe se moque d’eux en les qualifiant de "jetables".

L’Ouganda est le dernier pays africain à découvrir un réseau de recrutement forcé envoyant ses citoyens combattre et mourir pour l’armée russe sur la ligne de front en Ukraine. Plusieurs enquêtes médiatiques, dont une publiée lundi par AFP, ont déjà suscité la colère au Kenya et en Afrique du Sud.

L’Ouganda a noué des liens étroits avec la Russie durant les 40 ans de pouvoir du président Yoweri Museveni, achetant du matériel militaire et s’abstenant lors de votes de l’ONU opposés à l’invasion de l’Ukraine.

"Appelez-moi un “poutiniste” si vous voulez, mais nous, l’Ouganda, enverrons des soldats défendre Moscou si elle est un jour menacée par les impérialistes !", a écrit le fils du président, Muhoozi Kainerugaba, sur les réseaux sociaux en mars 2023. Alors commandant supérieur, il est aujourd’hui chef de l’armée.

Soldats entraînés

L’Ouganda est connu pour ses soldats hautement entraînés, fournissant d’importants contingents à la force internationale en Somalie, ainsi que des vétérans à des sociétés de sécurité privées opérant dans des pays comme l’Afghanistan et l’Irak.

Un responsable de la Special Returnees Association, une association d’anciens combattants, a déclaré à l’AFP que certains de ses 20 000 membres avaient récemment été ciblés par la Russie. Un agent de recrutement a proposé à des vétérans des contrats de travail en Israël, avant de les envoyer en Russie, a-t-il précisé sous couvert d’anonymat.

Il connaissait "plus de dix" personnes parties en Russie, dont trois sont mortes. "Nous leur avons dit… qu’ils mourront avec une balle dans la tête et leurs corps enterrés dans la glace ou laissés aux vautours", a-t-il affirmé.

"Recrutés clandestinement"

Beaucoup d’autres auraient probablement subi le même sort. En août, neuf hommes ont été interceptés à l’Aéroport international d’Entebbe alors qu’ils se rendaient en Russie, a indiqué à l’AFP une source du renseignement ougandais sous couvert d’anonymat.

Ils faisaient partie d’un groupe de plus de 100 Ougandais ayant une expérience militaire, "recrutés clandestinement" et partant par vagues à cette période, selon cette source. Cependant, aucune autre opération n’a été signalée contre les réseaux russes de trafic. Un citoyen russe arrêté en lien avec l’affaire a ensuite été libéré et l’enquête est au point mort, a-t-elle ajouté.

Une autre source des forces de sécurité ougandaises a déclaré à l’AFP que certains recrues partaient désormais via le Kenya.

Signer "sous la menace d’une arme"

La vidéo semblant montrer des Ougandais chantant dans une forêt a été publiée le mois dernier par un compte pro-ukrainien. La voix russe en arrière-plan dit : "Regardez combien de jetables il y a ici. Et ils chantent. Ils sont joyeux. Peu importe, maintenant ils vont partir (pour le front) et ils chanteront différemment."

L’AFP n’a pas pu vérifier où la vidéo a été filmée.

La chaîne NTV a récemment diffusé l’interview d’une femme dont le mari, Edson Kamwesigye, a été tué en Ukraine le mois dernier. Peu après son départ, des photos de son corps sans vie et de ses papiers d’identité ont circulé sur les réseaux sociaux.

Un ministre d’État ougandais aux Affaires étrangères, Okello Oryem, a déclaré à NTV que le gouvernement ne pouvait pas intervenir dans le processus de rapatriement.

Richard Akantoran, ancien agent d’entretien de Kampala, a récemment été secouru par l’armée ukrainienne après s’être échappé de son unité russe.

Dans une vidéo publiée par l’armée ukrainienne, il affirme qu’on lui avait promis un emploi dans un supermarché ou comme agent de sécurité en Russie. Une fois sur place, il a été contraint de signer un contrat avec l’armée.

Un soldat "nous a mis en joue et a dit : vous signez ces papiers", raconte Akantoran.

En février 2024, le gouvernement ougandais a publié sur X un message de l’ambassadeur de Russie affirmant qu’il existait "des opportunités illimitées pour les jeunes en Russie".

"À mes compatriotes africains… ne tombez pas dans le piège", dit Akantoran dans la vidéo. "Ils vous promettent des emplois bien payés en Russie… c’est un mensonge."

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