Soudan
Riche en pétrole, en or et en terres arables, le Soudan traverse aujourd’hui la plus grave crise humanitaire au monde.
Plus de la moitié de la population dépend désormais de l’aide humanitaire pour survivre. Les destructions massives, l’explosion des dépenses militaires et l’effondrement des revenus pétroliers et aurifères ont plongé l’économie du Soudan dans une crise économique et financière sans précédent, selon le ministre des Finances, Gibril Ibrahim : l’économie soudanaise traverse une crise profonde. Le déclenchement de la guerre a privé le pays de l’essentiel de ses ressources, puisque 80 % des recettes étaient générées dans la capitale, où se concentraient les industries, les grandes entreprises et l’activité économique.
Depuis le début du conflit, le Soudan a perdu l’essentiel de ses revenus publics. En 2024, le pays a produit 64 tonnes d’or, mais cette ressource n’a rapporté que 1,57 milliard de dollars à l’État, déjà exsangue. Une large part des recettes échappe en effet aux caisses publiques, détournée par des réseaux de contrebande. Si la production aurifère continue d’augmenter, les autorités peinent à en tirer profit.
Concernant la production d’or, elle atteint environ 70 tonnes en 2025. Toutefois, seule une partie a été exportée par les circuits officiels, à hauteur d’environ 20 tonnes. Le sort du reste demeure incertain : il pourrait avoir été exporté de manière informelle ou conservé à l’intérieur du pays, explique Gibril Ibrahim.
Le secteur agricole est lui aussi durement touché. Les exportations ont chuté de 43 %, de nombreuses régions productrices de gomme arabique, de sésame et d’arachides étant désormais sous le contrôle des paramilitaires, notamment au Darfour occidental et au Kordofan méridional. L’élevage, pilier de l’économie soudanaise et principalement implanté au Darfour, a perdu 55 % de ses exportations.
Cette semaine, le Premier ministre a annoncé le retour officiel du gouvernement à Khartoum, reprise l’an dernier. Toutefois, plusieurs ministères, dont celui des Finances, ne sont pas encore totalement réinstallés dans la capitale. Sur fond de lutte pour le contrôle du territoire, les recettes pétrolières ont chuté de plus de 50 %. La raffinerie d’Al-Jaili, la plus productive du pays et située près de Khartoum, a été gravement endommagée par les combats.
Malgré cette situation, les autorités ont consacré 40 % du budget national à l’effort de guerre l’an dernier, contre 36 % en 2024, selon Gibril Ibrahim, sans en préciser le montant. Un choix budgétaire lourd de conséquences, alors que les besoins de reconstruction sont immenses : en décembre 2024, le gouvernement estimait à 200 milliards de dollars le coût nécessaire pour reconstruire les zones reprises par l’armée.
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