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Le ministre israélien des Affaires étrangères en visite au Somaliland

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, après des entretiens avec son homologue serbe, Marko Djuric, à Belgrade, le 30 septembre 2025   -  
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Somaliland

Mardi, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, s’est rendu à Hargeisa, la capitale du Somaliland, dans le cadre de la première visite officielle depuis la reconnaissance de la région comme État souverain par Tel-Aviv. Les dirigeants des deux pays ont souligné leur volonté de bâtir un partenariat concret et durable.

Le Somaliland, qui a proclamé son indépendance de la Somalie en 1991 et dispose de son propre gouvernement et de sa monnaie, n’avait jamais été reconnu par aucun pays avant cette décision israélienne.

Gideon Saar a rencontré le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, surnommé « Irro », ainsi que des hauts responsables gouvernementaux et militaires au palais présidentiel de Hargeisa.

Lors de cette visite, le ministre israélien a annoncé que les deux pays ouvriront prochainement des ambassades et nommeront des ambassadeurs. Il a déclaré lors d'une conférence de presse :

« Contrairement à la "Palestine", le Somaliland n’est pas un État virtuel. C’est un État entièrement fonctionnel... Israël est véritablement honoré d’être le premier État membre de l’ONU à reconnaître la République du Somaliland en tant qu’État indépendant et souverain. Il s’agit d’un acte moralement juste, et c’est ce que nous avons accompli. »

Saar a également décrit ses échanges avec les responsables du Somaliland comme « fructueux » et a présenté la visite comme un « message » illustrant la détermination d’Israël à renforcer ses liens avec la région.

De son côté, le président Abdullahi a affirmé : « Nous sommes déterminés à construire avec Israël une relation stratégique mutuellement bénéfique, fondée sur la coopération dans les domaines politique, sécuritaire, économique et du développement. Nous envisageons ce partenariat, non pas comme une démarche symbolique, mais comme une collaboration pratique, institutionnelle et tournée vers la stabilité.»

Les deux pays ont évoqué plusieurs axes de collaboration : développement économique, échanges commerciaux, sécurité régionale, infrastructures et innovation. La délégation israélienne a également souligné son intérêt pour des projets de formation et de transfert de technologies, dans le cadre d’une coopération à long terme.

Pour le Somaliland, qui fonctionne depuis plus de trois décennies comme une entité autonome, cette visite est perçue comme une reconnaissance concrète de sa stabilité et de son rôle régional. Le ministère de l’Information a qualifié la venue du ministre israélien de « jalon historique » pour les relations bilatérales et un « signal fort pour le développement stratégique et économique du pays ».

Cette démarche suscite de vives réactions sur la scène internationale. Le gouvernement fédéral de Somalie a dénoncé la visite du ministre israélien comme une « ingérence inacceptable dans les affaires internes », rappelant que le Somaliland reste « une partie intégrante et inséparable » du territoire somalien.

L’Égypte a qualifié la reconnaissance israélienne de « précédent dangereux menaçant la paix et la sécurité régionales et internationales », tandis que la Turquie a estimé que cette démarche s’inscrivait dans une « stratégie susceptible de déstabiliser la région et de porter atteinte à l’intégrité territoriale des pays voisins ».

Plusieurs autres pays africains, arabes et membres de l’Organisation de la coopération islamique ont également condamné cette reconnaissance, réaffirmant leur soutien à la souveraineté et à l’unité territoriale de la Somalie.