France
Tarik Saleh revient à Cannes avec Les Aigles de la République, le troisième volet de sa trilogie sur l’Égypte. Ce film de comédie noire, qui mêle satire, fiction et intrigue policière, dénonce la domination du pouvoir d’El Sissi.
Il met en lumière l’influence de l’armée, qui contrôle un tiers de l’économie égyptienne et intervient également dans la production cinématographique.
Le réalisateur explique que « Le Caire est un état d’esprit. En arabe, cela signifie ‘la Conquérante’, c’est une femme conquérante. » Selon lui, ses trois films parlent de « ligoter un homme jusqu’à ce qu’il se brise ».
Dans le film, Fares Fares interprète George Fahmy, une star du cinéma égyptien. Personnage complexe, à la fois courageux et lâche, généreux et égoïste, il doit jouer le rôle du président dans un biopic.
Tarik Saleh confie : « Lorsqu’on a travaillé sur le scénario, c’était comme si on faisait un film sur un homme qui se perd, petit à petit, jusqu’à devenir une coquille vide. Il faut aimer ce genre de personnage pour pouvoir s’identifier et ressentir ses émotions. »
Depuis son exil, le réalisateur est interdit de tourner en Égypte. Il a recréé à Istanbul l’atmosphère des rues du Caire. Il raconte : « J’ai été surpris de voir combien d’acteurs égyptiens voulaient participer, malgré qu’ils savaient que j’étais persona non grata et que le film risquait d’être interdit. La majorité des acteurs dans ce dernier film sont égyptiens. »
En 2017, Tarik Saleh s’est fait connaître internationalement avec Le Caire confidentiel, et en 2022, il a remporté le prix du meilleur scénario à Cannes pour La Conspiration du Caire.
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