Afrique du Sud
Le refus de l'Afrique du Sud de renouveler les permis temporaires de près de 180 000 Zimbabwéens installés dans le pays est "illégal" et "inconstitutionnel", a estimé mercredi un tribunal.
Première puissance industrielle du continent et pôle d'attraction pour les migrants économiques, l'Afrique du Sud, en lutte avec un chômage endémique (32,9%), a durci ses réglementations en matière d'immigration ces dernières années.
"La décision de mettre fin au permis d'exemption du Zimbabwe (...) est illégale, inconstitutionnelle et invalide", a déclaré la Haute cour de Pretoria dans une décision dont l'AFP a eu copie. Le tribunal a prononcé les permis valides pour les 12 prochains mois.
Le ministère de l'Intérieur sud-africain a indiqué dans un communiqué que "de prochaines mesures, y compris une procédure en appel (si tel était le cas)", seront détaillées.
De nombreux Zimbabwéens, fuyant la crise politique et économique dans leur pays, avaient obtenu en 2009 un permis des autorités sud-africaines d'une durée de quatre ans. Ces permis ont été depuis sans cesse renouvelés mais Pretoria a annoncé en 2021 qu'il n'y aurait pas de nouvelle prolongation après décembre 2022, ouvrant la voie à des expulsions massives.
La Fondation Helen Suzman, qui milite pour la défense des droits humains, a saisi la justice l'an dernier pour faire annuler cette mesure.
La décision de justice rendue mercredi est d'une "importance considérable" pour les Zimbabwéens "qui vivent en Afrique du Sud en toute légalité depuis près de 15 ans", s'est félicité l'organisation locale.
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