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Ouganda : deux députés de l'opposition accusés "d'orchestrer des meurtres"

Ouganda : deux députés de l'opposition accusés "d'orchestrer des meurtres"
La police ougandaise   -  
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SUMY SADURNI/AFP or licensors

Ouganda

La police ougandaise interrogeait mardi deux éminents parlementaires de l'opposition accusés d'orchestrer une vague de meurtres à la machette qui a fait des dizaines de morts dans le sud du pays.

Les villageois de la région de Masaka, située à environ 150 km au sud-ouest de la capitale Kampala, sont terrorisés depuis deux mois par des gangs qui ont tué, selon la police, une trentaine de personnes, principalement des personnes âgées chez elles la nuit. Le porte-parole de la police ougandaise, Fred Enanga, a déclaré que 12 personnes avaient déjà été inculpées de meurtre et de terrorisme, et 11 autres ont été emprisonnées.

Selon Fred Enanga, certains suspects ont déclaré à la police que les députés Muhammad Ssegirinya et Allan Sewanyana avaient organisé ces attaques "pour semer la peur dans la population et amener les gens à haïr le gouvernement".Les deux hommes, membres de la Plateforme d'unité nationale (NUP) du chef de l'opposition Bobi Wine, étaient interrogés par la police pour la deuxième journée consécutive mardi.

Ancien chanteur devenu homme politique, Bobi Winea affirmé que ces accusations étaient montées par le gouvernement du président Yoweri Museveni pour discréditer l'opposition. "Lorsque le président a récemment déclaré que l'opposition était derrière les meurtres, nous avons pensé que c'était une mauvaise blague. Mais lorsque la police a convoqué nos députés, nous avons compris que le projet du régime d'impliquer les dirigeants du NUP dans les meurtres était à l'œuvre."

Mesures fortes

Dans un discours le mois dernier, Yoweri Museveni a qualifié de "porcs" les auteurs des meurtres et juré leur perte. Au pouvoir depuis 1986, le président a été réélu en janvier pour un sixième mandat, devant Bobi Wine qui avait dénoncé une "mascarade" électorale. "Peu importe ce que fait le régime de Museveni, un jour l'Ouganda sera libre et ceux qui sont accusés de crimes parce qu'ils appartiennent à l'opposition seront libérés", a déclaré Bobi Wine.

À Masaka, les habitants ont demandé au gouvernement de prendre des mesures fortes pour arrêter les tueurs. "Nous pleurons nos proches qui ont été tués, nous vivons dans la peur d'être tués par les gangs armés de machettes", déclare Sarah Kasujja, commerçante de 45 ans dont le grand-père de 81 ans fait partie des victimes.

"Certaines personnes âgées qui vivaient seules (...) ont fui leur domicile pour se mettre en sécurité dans les villes", ajoute-t-elle. "Le gouvernement devrait être tenu pour responsable de ne pas nous défendre contre les tueurs. L'armée et la police ont été déployées mais elles sont arrivées trop tard", estime-t-elle.

Le président du Conseil national ougandais pour les personnes âgées, Charles Isabirye, a qualifié cette vague de meurtres de "choc" pour la nation. "Que quelqu'un tue des personnes âgées qui vivent tranquillement dans leur maison est inconcevable", a-t-il déclaré à l'AFP.

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