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La Sierra-Leone réfléchit à l'abolition de la peine de mort

La Sierra-Leone réfléchit à l'abolition de la peine de mort
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ANNE-SOPHIE FAIVRE LE CADRE/AFP or licensors

Sierra Leone

Une fois que la législation aura été soumise au Parlement et qu'elle aura été approuvée, c'en sera fini de l'histoire de la peine de mort en Sierra-Leone dans ce pays de quelque 7,5 millions d'habitants.

Le gouvernement sierra-léonais a décidé de soumettre au Parlement l'abolition de la peine capitale, maintenue dans l'arsenal juridique malgré un moratoire de fait sur les exécutions. Cette ancienne colonie britannique d'Afrique de l'Ouest a été critiquée ces dernières années par les défenseurs des droits de l'Homme pour n'avoir pas aboli dans les textes la peine de mort, bien que les dernières exécutions remontent à plus de vingt ans et que les sentences soient généralement commuées en peines de réclusion à perpétuité. Aucune date n'a été communiqué pour la présentation du texte au Parlement , mais le gouvernement a fait part de sa décision mercredi au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

Fusillés sur une plage

La Constitution sierra-léonaise de 1991 prévoit la peine capitale pour le vol aggravé, le meurtre, la trahison et la mutinerie. En 2020, 39 condamnations à mort ont été prononcées dans le pays, soit près du double qu'en 2019 (21), selon Amnesty International. Mais la dernière exécution remonte à 1998: celle de 24 officiers, fusillés sur une plage proche de Freetown pour une tentative de coup d'Etat.

En 2004, la Commission vérité et réconciliation mise en place après la guerre civile avait conclu que le conflit avait abouti à l'avilissement de la vie et de la dignité humaine et que les gouvernements successifs avaient abusé de la peine de mort pour éliminer des opposants politiques. Aussi avait-elle appelé l'Etat à renoncer à la peine capitale, pour montrer l'exemple.

Mais dans les années qui ont suivi, le moratoire sur les exécutions a été fragilisé par la montée de la violence des gangs et la pression d'une opinion publique réclamant des sanctions plus dures. Les dirigeants ont pour leur part brandi le possible recours à la peine de mort pour tenter d'endiguer ces violences.

En recul en Afrique

Selon Amnesty International, fin 2020, on comptabilisait 144 pays abolitionnistes en droit ou de facto, c'est-à-dire n'ayant pas procédé à des exécutions au cours des dix dernières années. Soit deux de plus qu'en 2019 et près des trois quarts des Etats dans le monde.

La Chine, l'Iran, l'Egypte, l'Irak et l'Arabie Saoudite sont les pays qui recourent le plus à la peine de mort. Amnesty estime à des milliers le nombre de personnes qui auraient été exécutées en Chine en 2020, mais souligne que l'information relève du secret d'Etat. En dehors de la Chine, au moins 483 personnes ont été exécutées à travers le monde, dit-elle.

Les condamnations à mort en Afrique subsaharienne ont reculé de 6% l'an dernier, passant de 325 en 2019 à 305 en 2020, selon l'ONG. Les exécutions ont chuté dans le même région de 36%, passant de 25 en 2019 à 16 l'an dernier.

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