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Kenya : plus de 50 000 réfugiés fuient les violences dans le sud de l'Éthiopie

Des femmes et des enfants attendent de l'aide au camp de l'OMC à Moyale, au Kenya, ce mercredi 4 novembre 2026   -  
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Ethiopie

Les combats se poursuivent dans le sud de l’Éthiopie, contraignant un nombre croissant d’habitants à fuir vers le Kenya voisin. Depuis le 18 octobre, des affrontements opposent les communautés somalienne et oromo pour le contrôle de la ville de Moyale, située à cheval sur la frontière entre les deux pays.

Selon Henok Ochalla, coordinateur des interventions d’urgence du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), quelque 36 600 personnes avaient initialement été recensées parmi les déplacés, dont 11 000 réparties dans six sites d’accueil et 25 600 hébergées au sein de la communauté de Moyale. Mais la poursuite des combats depuis le 24 octobre laisse désormais craindre un bilan bien supérieur. Les autorités kényanes estiment que plus de 50 000 personnes pourraient avoir franchi la frontière.

Les témoignages des réfugiés font état de violences meurtrières et de conditions de fuite particulièrement éprouvantes. « Nos maisons ont été incendiées, nous n’avons pas de nourriture et nous avons dû fuir au Kenya dans des conditions très difficiles », raconte Halima Hussein, 28 ans, mère de trois enfants. Elle affirme que des tirs continuent de blesser des personnes jusque sur le territoire kényan et évoque des corps aperçus le long de la route de l’exil.

Arrivée depuis une semaine, elle dit également être sans nouvelles de certains membres de sa famille et ne pas envisager un retour tant que la situation demeure incertaine. « Nous ne savons pas combien de personnes ont été tuées ni où se trouvent nos proches », témoigne-t-elle.

La situation humanitaire suscite une inquiétude croissante. Au moins 11 000 personnes déplacées, principalement des femmes et des enfants, vivent dans des installations provisoires, notamment des écoles. D’autres dépendent de l’hospitalité des communautés locales, déjà confrontées à une importante précarité : près des deux tiers des habitants du comté kényan concerné vivent sous le seuil de pauvreté.

La violence déborde également de l’autre côté de la frontière. Selon la Croix-Rouge kényane, des balles perdues ont fait trois morts et vingt blessés au Kenya. Lundi, des journalistes de l’Agence France-Presse entendaient encore des tirs d’artillerie lourde depuis le territoire kényan.

Ces affrontements s’inscrivent dans un contexte de tensions récurrentes entre les régions éthiopiennes, dont les frontières administratives, établies par la Constitution de 1991, constituent régulièrement des foyers de violences. L’analyste Edward Bach, du cabinet Verisk Maplecroft, estime que la concentration de l’attention du gouvernement fédéral sur le conflit au Tigré, dans le nord du pays, contribue à la dégradation de la situation dans le sud.