Tigré
Human Rights Watch alerte sur les conséquences de la reprise des hostilités dans la région du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie. Des civils auraient été tués ou blessés, tandis que des bombardements ont contraint des établissements de santé à fermer. L’organisation appelle à un accès humanitaire sécurisé et à une enquête indépendante sur les violences signalées.
La reprise des combats dans la région du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie, aggrave une situation humanitaire déjà précaire, a alerté Human Rights Watch (HRW). L’organisation fait état de morts et de blessés parmi les civils, ainsi que de perturbations des services de santé à la suite de bombardements et de tirs d’artillerie.
Intervenant le 13 octobre par visioconférence depuis Rome, Laetitia Bader, directrice adjointe de la division Afrique de HRW, a indiqué que l’organisation avait reçu des informations faisant état de frappes aériennes et de bombardements avant la prise de plusieurs villes stratégiques par les forces gouvernementales. Elle a souligné la nécessité de mettre en place un suivi indépendant et de permettre aux médias internationaux ainsi qu’aux enquêteurs d’accéder à la région afin de vérifier les faits rapportés.
L’organisation signale également la fermeture de certaines structures médicales touchées par les bombardements, alors que le système de santé demeure fragilisé par des années de conflit. Elle réclame le rétablissement complet des réseaux de communication, la reprise des services essentiels et un renforcement rapide de l’aide humanitaire. Tous les belligérants doivent, selon elle, garantir la sécurité des travailleurs humanitaires et leur permettre d’accéder aux populations affectées.
Des violences persistantes et des tensions régionales
Laetitia Bader a par ailleurs fait état de nouvelles accusations d’exactions dans les zones du Tigré où des forces érythréennes seraient toujours présentes depuis la guerre de 2020-2022. Les informations recueillies par HRW font notamment état de violences sexuelles contre des femmes et des filles, ainsi que d’enlèvements de jeunes hommes. Ces allégations nécessitent toutefois des vérifications indépendantes.
La reprise des hostilités fragilise l’accord de paix signé à Pretoria en novembre 2022 entre le gouvernement éthiopien et les forces tigréennes. Le précédent conflit aurait causé environ 500 000 morts civils, selon des chercheurs de l’université de Gand, en Belgique, un bilan qui inclut les décès liés aux violences, à la famine et à l’effondrement des services de santé.
Si les forces érythréennes avaient combattu aux côtés de l’armée éthiopienne durant cette guerre, l’Érythrée n’était pas partie à l’accord de Pretoria. Le président érythréen, Isaias Afwerki, a par le passé rejeté les accusations d’exactions imputées à ses troupes.
Dans un contexte de tensions croissantes entre Addis-Abeba et Asmara, la reprise des combats fait ainsi redouter une extension de l’instabilité régionale, tandis que la protection des civils et l’acheminement de l’aide humanitaire demeurent des enjeux urgents.
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