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Pétrole : le baril franchit les 100 dollars, l’économie mondiale sous pression

Sur cette photo d'archive datée du 30 septembre 2015, on voit des pompes à pétrole en fonctionnement dans les champs pétrolifères désertiques de Sakhir, à Bahreïn.   -  
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AP

Pétrole

Les prix du pétrole ont franchi un nouveau seuil mercredi. Le baril de Brent, référence mondiale, a dépassé les 100 dollars pour la première fois depuis plusieurs mois, atteignant 101,21 dollars, sur fond d’escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran.

Le brut américain a également progressé, clôturant à 96,05 dollars le baril. Cette hausse intervient après plusieurs attaques contre des installations pétrolières et des navires dans le Golfe, ravivant les inquiétudes sur l’approvisionnement mondial.

Au cœur des préoccupations : le détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite une part importante du pétrole mondial. Les perturbations du trafic maritime dans cette zone font craindre de nouvelles tensions sur les marchés.

Cette envolée des cours inquiète les économistes, qui redoutent un impact direct sur l’inflation. Le pétrole étant indispensable à la production de carburants comme l’essence et le diesel, une hausse prolongée pourrait entraîner une augmentation des coûts de transport, de production et, au final, des prix des biens de consommation.

« Le dépassement des 100 dollars est un cap psychologique majeur pour les marchés », estime Lukman Otunuga, responsable de la recherche chez FXTM, qui souligne surtout les risques pour l’inflation mondiale.

Les conséquences sont déjà visibles dans plusieurs pays. En Afrique, les économies fortement dépendantes des importations d’énergie subissent de plein fouet la hausse. Au Nigeria, par exemple, les prix du diesel ont fortement augmenté depuis le début du conflit, affectant les entreprises, les transporteurs et les ménages.

Les compagnies aériennes, les agriculteurs et les secteurs industriels sont également touchés par l’augmentation du coût de l’énergie. Le diesel, utilisé pour le transport routier et les machines agricoles, pourrait notamment provoquer une hausse du prix des produits alimentaires.

Les analystes estiment que l’évolution des prix dépendra désormais de la durée des tensions au Moyen-Orient. Une stabilisation pourrait permettre un retour progressif des cours à des niveaux plus bas. Mais une nouvelle aggravation du conflit pourrait pousser le baril encore plus haut.

Pour les marchés comme pour les consommateurs, le seuil des 100 dollars rappelle la fragilité de l’économie mondiale face aux crises géopolitiques.