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Nigeria : Peter Obi promet de s’attaquer au gaspillage et à la corruption

Nigeria : Peter Obi promet de s’attaquer au gaspillage et à la corruption
Peter Obi à Chatham House, à Londres, le lundi 16 janvier 2023.   -  
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Nigéria

Exclusivité AFP

À l’approche de la présidentielle de janvier 2027 au Nigeria, le candidat de l’opposition Peter Obi veut faire de la lutte contre la corruption et du recul de la pauvreté les piliers de son projet, estimant que la réduction du train de vie de l’État permettrait de dégager des ressources pour la santé, l’éducation et la création d’emplois.

Réduire le coût de la gouvernance, combattre la corruption et réorienter les ressources publiques vers les services essentiels : Peter Obi entend placer ces priorités au cœur de sa candidature à la présidentielle nigériane de janvier 2027, dans un pays confronté à une crise du coût de la vie et à une insécurité persistante.

« Nous devons réduire le coût de la gouvernance. Le coût de la gouvernance est tout à fait inacceptable ; il y a trop de gaspillage et (nous devons) lutter énergiquement contre la corruption », a déclaré mardi soir à l’AFP à Abuja le candidat du Congrès démocratique du Nigeria (NDC), âgé de 65 ans.

Selon l’ancien gouverneur de l’État d’Anambra, la lutte contre la corruption permettrait de libérer des moyens financiers et humains pour permettre au gouvernement de se concentrer sur « la santé, l’éducation et la lutte contre la pauvreté ». « Il faut unir le pays, assurer sa sécurité et consacrer ses ressources à ces domaines essentiels. Et vous verrez la différence », a-t-il ajouté.

« Sortir les gens de la pauvreté » pour réduire la criminalité

Peter Obi établit également un lien direct entre pauvreté, emploi et insécurité, trois des principaux enjeux de la prochaine présidentielle. « Plus on sort les gens de la pauvreté, plus on réduit la criminalité », a-t-il affirmé à l’AFP, plaidant pour une hausse de la productivité et la création d’emplois, notamment dans le secteur manufacturier.

La place de l’industrie dans l’économie nigériane s’est fortement contractée : après avoir représenté 21 % du PIB en 1994, le secteur manufacturier n’en pesait plus que 8 % en 2025, selon la Banque mondiale. Dans le même temps, le pays fait face à de multiples menaces sécuritaires, des groupes jihadistes aux gangs criminels, en passant par les violences séparatistes et les affrontements entre agriculteurs et éleveurs.

Obi, qui s’était imposé comme une figure populaire auprès d’une partie de la jeunesse lors de la présidentielle de 2023, estime donc que la réponse sécuritaire ne peut être dissociée de la situation économique. La création d’emplois et la réduction de la pauvreté doivent, selon lui, contribuer à tarir les sources de la criminalité.

Une police davantage ancrée au niveau local

Sur le front sécuritaire, le candidat du NDC soutient également une réforme institutionnelle majeure : la création de forces de police au niveau des États et des municipalités, afin de rapprocher le maintien de l’ordre des populations.

« En mettant en place une police d’État locale et une police municipale, on ramène le maintien de l’ordre au niveau où il devrait être », a-t-il expliqué. Les autorités locales et les habitants, selon lui, connaissent mieux leur environnement et les réseaux criminels qui y opèrent.

Cette proposition rejoint sur ce point celle du président Bola Tinubu, qui brigue un second mandat. Mais Obi entend se distinguer par son discours sur la gouvernance et la lutte contre la corruption, notamment dans le secteur pétrolier.

Le coût de la vie au cœur du scrutin

Le Nigeria, premier pays d’Afrique par sa population et grand producteur de pétrole, reste confronté à une forte dégradation du pouvoir d’achat depuis la suppression par le gouvernement Tinubu de la subvention sur l’essence. Le président défend cette réforme, jugeant son ancien système devenu financièrement insoutenable et susceptible d’entraîner une crise plus grave.

Peter Obi estime, lui, qu’une meilleure lutte contre la corruption dans le secteur pétrolier pourrait contribuer à réduire les prix sans rétablir nécessairement la subvention.

La pauvreté demeure massive : 63 % des Nigérians vivent sous le seuil de pauvreté, selon le FMI. Les difficultés économiques se combinent à une insécurité persistante, alors que le pays est confronté à des violences de nature diverse.

Peter Obi face à un pouvoir solidement implanté

La candidature de Peter Obi intervient toutefois dans un rapport de forces difficile. Le parti présidentiel, le Congrès des progressistes (APC)contrôle 31 des 36 postes de gouverneur et dispose d’une implantation politique nettement supérieure à celle du NDC.

L’opposition risque en outre de se retrouver à nouveau divisée. En 2023, Obi, Atiku Abubakar et Rabiu Kwankwaso s’étaient partagé les voix hostiles au pouvoir, permettant à Bola Tinubu de l’emporter avec 36,6 % des suffrages.

Obi refuse cependant de réduire sa candidature à celle d’un simple « trouble-fête ». Il estime que les électeurs doivent pouvoir « décider lequel d’entre nous trois est le mieux à même de servir le pays », alors que la participation n’avait atteint que 27 % lors du dernier scrutin.

Il s’inquiète également des conditions dans lesquelles se déroulera la campagne. Mardi, son convoi a été bloqué sur une route de l’État de Benue, région régulièrement touchée par les violences. Pour Obi, cet incident illustre les difficultés à garantir des élections « libres, équitables et crédibles ».

Les élections nigérianes sont souvent entachées de violences, et les responsables politiques recrutent des voyous pour intimider leurs adversaires et les électeurs. « Les gens ne se déplacent pas quand règnent la délinquance et les mauvais comportements », a-t-il déclaré.

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