Bienvenue sur Africanews

Merci de choisir votre version

Regarder en direct

Infos

news

Algérie : participation historiquement faible aux législatives

Des agents électoraux dépouillent les bulletins de vote à l'issue des élections législatives à Alger, en Algérie, ce 2 juillet 2026   -  
Copyright © africanews
Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved.

Algérie

Au terme du scrutin, l’Autorité nationale indépendante des élections a annoncé que 23 872 756 électeurs étaient inscrits sur les listes électorales, pour 4 962 433 votants, soit un taux de participation provisoire de 20,79 %. Son président par intérim, Karim Khelfane, a insisté sur le caractère non définitif de ces données, rappelant que le dépouillement se poursuivait encore dans de nombreux bureaux de vote et que les résultats finaux seraient établis une fois l’ensemble des bulletins comptabilisés.

« Ces chiffres sont provisoires », a-t-il déclaré, précisant qu’ils « vont sûrement changer et bouger », en fonction de l’avancement des opérations de dépouillement.

Ce scrutin, qui doit renouveler les 407 sièges de l’Assemblée populaire nationale pour un mandat de cinq ans, s’est déroulé dans une atmosphère marquée par une faible affluence dans les bureaux de vote, notamment dans les centres urbains, où la participation est apparue particulièrement limitée en milieu de journée. Le vote a d’ailleurs été prolongé d’une heure sur l’ensemble du territoire afin de tenter de favoriser la participation.

L’enjeu de l’abstention s’est imposé comme central tout au long de la campagne, organisée dans un climat jugé sans dynamique forte par plusieurs observateurs. Les formations politiques traditionnellement dominantes, à commencer par le Front de libération nationale, sont données comme largement en mesure de conserver une position prépondérante au sein de la future Assemblée, sauf surprise de dernière minute.

Sur le terrain, certains électeurs ont exprimé un vote perçu comme civique malgré le contexte. À Alger, un retraité de 74 ans, Djammel Bouakkaz, a ainsi déclaré être venu « exercer [son] devoir », illustrant une participation sporadique au sein de bureaux de vote parfois quasi déserts.

Le scrutin intervient par ailleurs dans un climat politique sensible, marqué par des contestations liées à l’invalidation d’environ un tiers des listes candidates, plusieurs formations dénonçant des exclusions dans certaines circonscriptions, notamment dans la capitale.

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que le déroulement du scrutin s’effectuait dans de « bonnes conditions », tandis que le ministère de l’Intérieur a, selon plusieurs médias, évité de commenter directement le niveau de participation, tout en appelant les électeurs à se rendre massivement aux urnes.

Ce niveau de participation, s’il était confirmé, se situerait à proximité du record historiquement bas de 2021 (23 %), déjà établi dans le sillage du mouvement de contestation du Hirak, qui avait profondément bouleversé le paysage politique algérien à partir de 2019 et conduit à la démission de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika.

Les résultats définitifs de ce scrutin sont attendus dans les prochains jours, dans un contexte où le taux de participation demeure un indicateur politique majeur, souvent interprété comme un baromètre de la légitimité des institutions issues des urnes.

Voir plus