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Italie : dans l'enfer du camp de migrants de Borgo Mezzanone

Des migrants attendent de débarquer du navire de la marine allemande « Hessen » dans le port de Palerme, en Italie, le 7 juin 2015   -  
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AP Photo

Migrants

En Italie, le camp de Borgo Mezzanone, bidonville situé à la périphérie de Foggia, accueille depuis 2005 jusqu’à environ 4 000 migrants pendant les mois d’été.

Ils sont employés comme travailleurs saisonniers dans les champs. Mais dans ce camp, il n’y a ni ombre naturelle, ni eau potable, ni installations sanitaires. Alors que l'Europe est en proie à de fortes chaleurs.

‘’C’est dur. On vit dans des conteneurs, il n’y a ni eau ni climatisation, alors certains vont travailler, rentrent et vont se coucher sans se laver.’’ , raconte Mamadou Sarafou Diallo, migrant guinéen vivant à Borgo Mezzanone.

Le camp attire grand monde en quête d’emploi. Une pression humaine à l’origine, en partie de sa précarité.

''Ce camp de Borgo Mezzanone est connu pour être le plus grand d’Europe. Cela signifie donc que beaucoup de gens viennent ici parce qu’ils connaissent cet endroit, ils savent qu’ici ils peuvent facilement trouver du travail, qu’ils peuvent trouver une communauté. Mais bien sûr, ces afflux qui s’intensifient pendant la période estivale aggravent indéniablement cette situation de précarité au sein du camp, notamment en ce qui concerne les problèmes d’hygiène. N’oublions pas qu’il n’y a pas de toilettes ici'', explique Francesca Palazzo, responsable de projet chez Intersos à Foggia.

La surpopulation expose les migrants au risque considérable de maladies. Camilla Faragona travaille pour l’organisation humanitaire Intersos, qui fournit gratuitement une aide sanitaire et sociale.

''Tout ce que nous voyons ici peut être considéré comme pathogène, c’est-à-dire susceptible de provoquer des maladies. Une blessure mineure laissée dans ces conditions se transforme en infection qui nécessite souvent plusieurs traitements antibiotiques et des visites aux urgences.'', explique-t-elle.

L'Italie s'était vu attribuer 62 millions de dollars par l'UE pour reloger ces travailleurs dans des logements décents, le projet peine à prendre forme. La tentative de régularisation » des migrants dont certains sans en situation irrégulière fait débat dans le pays.