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Ouganda : avocat de l'opposant Kezza Besigye, Erias Lukwago accusé de trahison

Erias Lukwago, avocat de l'opposant ougandais Kizza Besigye, lors d'une audience à Kampala, le 29 décembre 2025.   -  
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Ouganda

L'avocat et homme politique ougandais Erias Lukwago a comparu mercredi devant un tribunal de Kampala, accusé de complicité de trahison. Son arrestation intervient quelques jours après son enlèvement présumé par des militaires, dénoncé par sa famille, dans un contexte de répression croissante contre l'opposition.

Erias Lukwago, avocat de l'opposant historique Kizza Besigye et figure de l'opposition ougandaise, est poursuivi pour ne pas avoir signalé un supposé complot de trahison qui aurait été préparé au Kenya entre 2021 et 2024. S'il est reconnu coupable, il encourt la prison à vie.

Selon son avocat, Medard Sseggona, l'accusation reproche à son client d'avoir eu connaissance d'infractions commises par des personnes poursuivies pour trahison sans les signaler aux autorités.

Lukwago a rejeté ces accusations devant le tribunal. « C'est moi qui ai été l'avocat dans cette affaire. Comment pourrais-je être l'avocat dans une affaire où je suis moi-même impliqué ? », a-t-il déclaré.

La famille d'Erias Lukwago affirme qu'il a été enlevé en début de semaine par des membres des forces de sécurité. Un proche a indiqué à l'AFP que des militaires avaient pénétré dans sa propriété avant de l'embarquer de force dans une camionnette.

Peu après sa disparition, le chef d'état-major de l'armée, Muhoozi Kainerugaba, fils du président Yoweri Museveni, a publié sur le réseau social X des photos montrant l'avocat les yeux bandés dans un lieu inconnu. Il s'est également félicité publiquement de son arrestation, promettant de lui infliger « toute la souffrance » possible et affirmant qu'il passerait « au moins dix ans en prison ».

L'état de santé d'Erias Lukwago inquiète ses proches et ses avocats. Selon Medard Sseggona, son client « a subi des tortures inimaginables » avant d'être placé en détention provisoire à la prison de Luzira. Une demande de remise en liberté sous caution pour raisons médicales sera examinée le 22 juin.

Pour Lulume Bayiga, député et membre du parti de Kizza Besigye, cette affaire illustre l'influence grandissante de l'armée dans la vie politique du pays.

« On dirait que l'armée, sous les ordres du chef d'état-major des armées – qui se trouve être le fils du président Museveni –, prend le contrôle du pays et que les autres suivent. Je ne sais pas si c'est intentionnel ou le fruit d'un coup d'État discret », a-t-il déclaré.

Cette nouvelle affaire ravive les critiques des organisations de défense des droits humains, qui accusent depuis plusieurs années le pouvoir ougandais de recourir aux enlèvements, aux détentions arbitraires et aux poursuites judiciaires pour réduire au silence ses opposants.

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