Côte d'Ivoire
Le plus grand marché du spectacle vivant du continent africain est de retour à Abidjan.
Le MASA 2025 investit le Palais de la culture de Treichville, en face des tours du Plateau, avec des centaines de représentations — du conte à la danse contemporaine, de la musique aux arts de la rue — pour un public de tous les âges venu en masse.
Parmi les temps forts de cette édition, une pièce qui fait l'effet d'une déflagration : on descend à la Rue Princesse, du chorégraphe ivoirien Massidi Adiatou.
Un hommage vibrant à ce haut lieu de la culture urbaine d'Abidjan, disparu en 2012, où lui-même a fait ses premières armes comme danseur de rue, dans le quartier populaire de Yopougon.
« Il y a une source dans cette rue qui fait que la culture ivoirienne a épousé le monde entier. Pour moi, en tant qu'artiste et chorégraphe, avec mes jeunes que j'adore, j'ai voulu qu'on raconte cette histoire — et que le monde entier la voie, parce qu'elle est belle, elle a fait de belles choses. Et moi, je ne veux pas que ça s'arrête », explique Massidi Adiatou, chorégraphe.
Une vingtaine de danseurs hypnotisent le public pendant une heure trente dans une explosion d'énergie, portée par des costumes carnavalesques flamboyants.
Parmi eux, Junior Frisson — de son vrai nom Kouassi Koffi — incarne le beau gosse irrésistible de la rue, le séducteur de légende.
« La rue Princesse dégage de la bonne énergie — tout ce qui est épanouissement, divertissement. Et là, dans le spectacle, on représente la rue Princesse, mais dans le côté futuriste. On imagine peut-être 2030, comment la Princesse va être », estime Kouassi Koffi, dit « Junior Frisson », danseur.
Dans le bar imaginé par Massidi Adiatou et sa compagnie New Black, l'ambiance est à son comble. Jeux de lumière, serveuses aguicheuses, alcool coulant à flots : la rue Princesse ressuscite sous nos yeux, transfigurée.
Les jeunes acrobates rivalisent de virtuosité sur une bande-son envoûtante, à la limite du transe.
Karel Tendjou, elle, campe une serveuse de charme — et revendique fièrement l'héritage du coupé-décalé.
« C'est du pur coupé-décalé. C'est une danse qui a pour objectif de procurer de la joie. On partage notre énergie, on partage ce qu'on a de joyeux », explique Karel Tendjou, danseuse.
Le public abidjanais, lui, n'a pas boudé son plaisir.
« Il n'y a pas de mots assez. C'était… Waouh ! J'ai l'habitude de regarder des spectacles, mais ceux-là… J'ai l'impression qu'ils ont réussi à fusionner le classique avec le coupé-décalé dans quelque chose de jamais-vu. »
Les spectacles du MASA se poursuivent au Palais de la culture de Treichville et dans plusieurs communes d'Abidjan jusqu'à ce week-end.
Le rendez-vous est d'ores et déjà pris pour la prochaine édition — en 2028.
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