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Tunisie : l’UGTT ouvre une nouvelle ère sous la direction de Slaheddine Selmi

Des membres du syndicat de gauche UGTT au cours d'un rassemblement, le 4 décembre 2012 à Tunis.   -  
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Tunisie

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a désigné un nouveau secrétaire général à l’issue de son congrès tenu du 25 au 27 mars à Monastir, sur la côte est de la Tunisie.

Slaheddine Selmi, jusque-là secrétaire général adjoint, succède à Noureddine Tabboubi, qui dirigeait la centrale depuis 2017.

Cette élection marque un tournant pour l’organisation, pilier historique de la vie sociale et politique tunisienne, mais aujourd’hui traversée par de profondes tensions internes. Ces derniers mois, une frange du syndicat avait vivement contesté la gestion de Noureddine Tabboubi, lui reprochant notamment un manque de transparence. La crise avait culminé en décembre avec l’annonce de sa démission, avant qu’il ne revienne sur sa décision quelques semaines plus tard.

Le congrès de Monastir s’est lui-même déroulé dans un climat électrique. Dès son ouverture, des syndicalistes opposants ont manifesté pour dénoncer sa tenue, illustrant les divisions persistantes au sein de la centrale. Conscient de la gravité de la situation, le secrétaire général sortant, Noureddine Tabboubi, avait reconnu, quelques jours auparavant, que l’UGTT avait « attrapé la grippe », tout en assurant qu’elle demeurait « solide ».

À ces fractures internes s’ajoute une pression politique croissante. Le président Kais Saied, auquel l’UGTT avait apporté un soutien conditionnel lors de son coup de force institutionnel en 2021, a récemment exprimé sa sympathie à l’égard de manifestants réclamant le départ de la direction syndicale. Début mars, l’UGTT a notamment dénoncé une décision gouvernementale menaçant son mode de financement, ravivant les frictions avec le pouvoir.

Fondée en 1946, l’UGTT demeure un acteur incontournable de l’histoire contemporaine du pays. Elle s’est illustrée dans la lutte contre le protectorat français, puis dans l’opposition au régime de Zine El Abidine Ben Ali. Après la révolution de 2010-2011, elle a joué un rôle central dans le dialogue national, une contribution saluée par l’attribution du prix Nobel de la paix en 2015.

L’arrivée de Slaheddine Selmi ouvre ainsi une nouvelle séquence pour la centrale syndicale. À la tête d’une organisation à la fois puissante et fragilisée, il devra restaurer la cohésion interne, réaffirmer la crédibilité de l’UGTT et redéfinir son positionnement dans un paysage politique tunisien en pleine recomposition.

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