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À Beni, le festival Tumaini fait résonner l’espoir au cœur de la violence

Sarah Kahamwithi, artiste slameuse, utilise sa voix pour interpeller et éveiller les consciences   -  
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Malaika Élysée

République démocratique du Congo

Longtemps associée aux massacres et à une insécurité persistante, la ville de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, a porté ce week-end un message différent : celui de l’espoir, de la paix et de la résilience.

Du 17 au 18 janvier, Beni a accueilli la quatrième édition du festival de musique Tumaini, un mot swahili qui signifie espoir. Dans une région meurtrie par des années de violences armées, cet événement culturel s’est imposé comme un espace d’expression, de guérison collective et de mobilisation citoyenne, porté en grande partie par la jeunesse.

Pour de nombreux participants, Tumaini est bien plus qu’un simple festival. C’est un cri du cœur, un refus de la guerre et du silence.

« Chez nous à Beni, dans notre province, nous avons été victimes des guerres. La jeunesse est traumatisée et la population a du mal à avoir confiance en elle. Cela doit cesser », confie Gerlas Mukokoma, festivalier.

Ces paroles traduisent un sentiment largement partagé : celui d’une jeunesse profondément marquée par la violence, mais déterminée à reprendre la parole et à reconstruire le tissu social.

Sur scène, musiciens, slameurs, slameuses et danseurs se succèdent devant un public attentif. Les textes et les performances dénoncent les violences, rendent hommage aux victimes et appellent à la paix dans l’est du Congo.

Dans cet espace artistique, l’art devient un exutoire. Il permet d’exprimer la douleur, mais aussi de transformer la souffrance en énergie créatrice et en message d’unité.

Sarah Kahamwithi, artiste slameuse, utilise sa voix pour interpeller et éveiller les consciences : « Je fais appel à tous ceux qui savent que nous souffrons. Je dénonce le fait que quelque chose ne va pas ici, chez nous, à l’est », explique-t-elle.

À travers le slam, la musique ou la danse, les artistes donnent une voix à ceux qui, pendant longtemps, n’en ont pas eu.

Placée sous le thème « Jeunesse, paix et sécurité », cette quatrième édition s’inscrit dans une démarche à la fois culturelle et citoyenne. Le festival a également servi de cadre pour vulgariser la Résolution 2250 des Nations unies, qui reconnaît le rôle central des jeunes dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix.

Un choix loin d’être anodin dans une région où la jeunesse représente la majorité de la population, mais reste souvent marginalisée dans les processus deprise de décision.

Pour Benjamin Asimon, coordonnateur du festival Tumaini, l’enjeu est fondamental : « Cela fait six ans depuis le début des massacres. Le désespoir était grand et dangereux. Le seul moyen de le combattre, c’est de consolider le peuple comme un seul homme, afin que l’ennemi comprenne que la population est soudée et imbattable. »

Au-delà de la scène, le festival a également investi d’autres formes d’expression. Peintres et plasticiens ont exposé des œuvres traduisant l’espoir d’un avenir différent, loin de la peur et de la violence.

À Beni, l’art devient ainsi un langage commun, accessible à tous, et un acte de résistance pacifique face aux armes.

Un moyen de dire que, malgré les blessures, la vie continue et la paix reste possible. Dans une ville longtemps réduite à ses drames, Tumaini rappelle que l’espoir peut encore naître, grandir et rassembler.

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