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France : des centaines de migrants africains survivent dans le froid à Paris

Un policier utilise son bouclier pour éviter une boule de neige, lundi 5 janvier 2026 à Paris.   -  
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AP Photo/Aurelien Morissard - Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved.

France

Dans le cœur historique de Paris, sous la neige, plusieurs dizaines de tentes jalonnent les rues pavées, abritant de jeunes migrants africains qui affrontent le froid glacial chaque nuit.

Sur les quais de l’Île Saint-Louis, environ 300 adolescents africains survivent dans le froid sous des dizaines de tentes enneigées, en attendant que l’État reconnaisse qu’ils sont mineurs et leur accorde une protection.

Boubacar, 16 ans, venu de Guinée, extirpe son corps engourdi de sa tente. Il raconte avoir passé une nuit « très compliquée » en « mode survie ». Malgré les multiples couvertures et un sac de couchage mince, le froid persiste. En milieu de matinée, il s’asperge le visage d’eau froide pour tenter de retrouver un peu d’énergie. « Je ne suis pas arrivé à dormir avant 4 heures du matin. Ma tente est déchirée, j’avais l’impression qu’il neigeait sur moi », confie-t-il, souffrant également de symptômes grippaux et de douleurs dentaires.

Les quais, sous la neige, offrent un paysage de carte postale que touristes et Parisiens emmitouflés photographient, mais en arrière-plan, le campement témoigne de la précarité des jeunes migrants. Passé l’émerveillement initial devant la neige, l’amertume s’est installée dans ce campement existant depuis plusieurs mois.

Parmi eux, Abbou, arrivé il y a trois semaines, tente de réchauffer ses doigts douloureux. Avec une boîte d’antalgiques à ses côtés, il endure les nuits glaciales alors que ses compagnons ont rejoint les accueils de jour, laissant derrière eux couvertures et bâches.

Dans les centres d’accueil de la Ville de Paris, les jeunes peuvent bénéficier de soins, de boissons chaudes et de prises pour recharger leurs téléphones. Crème contre le froid, douches, rencontres avec médecins et psychologues leur offrent un bref soulagement. Pourtant, beaucoup restent silencieux, recroquevillés sous leurs couvertures, récupérant à peine de nuits agitées.

Hélena Tellio, coordinatrice socioculturelle pour l’Armée du Salut, observe : « Pour beaucoup, c'est la première fois qu'ils voient de la neige, donc il y a à la fois l'excitation de voir quelque chose d'aussi inhabituel qu'ils n'ont jamais vu auparavant, et en même temps le fait de savoir que le soir ils seront encore dehors, à dormir sous la neige. C'est donc un étrange mélange d'émotions qui s'est produit hier lorsqu'ils ont vu la neige pour la première fois»

Mustapha, Ivoirien de 15 ans, confie : « Je n'avais jamais vécu dehors, donc je ne savais pas comment ça allait se passer. Mais on m'a un peu expliqué qu'avec le froid, ce serait très difficile. Mais on ne s'attendait pas à ce que le froid nous trouve ici. »

Contactée par l’AFP, la Ville de Paris précise qu’elle « continue à demander la mise à l’abri de l’ensemble des personnes vivant sur les campements dans les différents sites ouverts par l’État », « compte tenu de la persistance des températures très basses » prévues ce mercredi.

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