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L'armée nigériane va prendre le relais des frappes américaines

L'armée nigériane va prendre le relais des frappes américaines
Patrouilles de l'armée nigériane dans la région de Kaduna Birnin Gwari au Nigeria, le 8 mars 2024   -  
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Nigéria

L’armée de l’air nigériane prendra le relais des États-Unis après les frappes de Washington menées le jour de Noël contre des djihadistes, en s’appuyant sur les vols de reconnaissance américains pour soutenir ses propres opérations, a déclaré mardi à l’AFP un responsable nigérian.

Dans la soirée de Noël, les États-Unis ont frappé des sites dans l’État de Sokoto, dans le nord-ouest du Nigeria, contre ce qu’ils ont présenté comme des cibles liées au groupe État islamique.

Bien que le Nigeria reste ouvert à de nouvelles frappes américaines, le rôle principal des États-Unis consistera désormais à fournir du renseignement, a indiqué la source, au fait du nouvel accord sécuritaire avec Washington.

Le pays le plus peuplé d’Afrique lutte contre une insurrection djihadiste depuis 2009, principalement concentrée dans le nord-est, tandis que des gangs armés dits "bandits" ont pris pied dans de vastes zones rurales du nord-ouest et du centre-nord du pays.

Ces frappes sont intervenues après une offensive diplomatique entamée en octobre, au cours de laquelle le président Donald Trump avait affirmé que les violences de groupes armés au Nigeria équivalaient à une "persécution" et à un "génocide" de chrétiens — des accusations rejetées par Abuja et par des analystes indépendants.

Partenariat

Quelques jours avant les frappes, le ministre nigérian de l’Information avait déclaré que la "brouille" avait été réglée, "aboutissant à un partenariat renforcé entre l’Amérique et le Nigeria".

Pendant plusieurs semaines avant les frappes, des analystes avaient observé une intensification des vols de reconnaissance américains au-dessus du Nigeria. Ces vols se sont poursuivis depuis.

Le New York Times, citant des responsables du Pentagone sous couvert d’anonymat, a récemment rapporté que les frappes américaines constituaient un "événement unique".

Bien qu’elles aient eu lieu après que le Nigeria et les États-Unis ont au moins partiellement enterré la hache de guerre, ces frappes ont provoqué des maux de tête à Abuja lorsque Trump en a revendiqué unilatéralement le mérite.

En réponse, le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, a lancé une offensive médiatique, affirmant qu’il s’agissait d’une opération conjointe.

Pour compliquer encore la situation, les responsables américains sont restés largement injoignables jusqu’aux jours précédant les frappes, avant d’appeler finalement leurs homologues nigérians pour leur présenter leurs plans, selon la source.

État islamique

Selon Abuja, les frappes visaient des militants de l’État islamique, présents dans le pays pour collaborer avec le groupe djihadiste Lakurawa et des gangs de "bandits".

Les trois groupes ont été ciblés, a déclaré le porte-parole présidentiel Daniel Bwala. Les deux pays ont indiqué qu’un nombre non précisé de combattants avaient été tués.

Un directeur d’hôtel à Offa, dans l’État de Kwara, a déclaré à l’AFP que trois de ses employés avaient été hospitalisés après que des débris de munitions sont tombés sur son bâtiment.

Certains chercheurs ont récemment établi un lien entre certains membres de Lakurawa — principal groupe djihadiste implanté dans l’État de Sokoto — et la Province sahélienne de l’État islamique (ISSP), active dans le Niger voisin, près de la frontière nigériane. D’autres analystes contestent toutefois l’existence de ces liens.

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