Sénégal
À l’ombre d’un grand manguier, dans la cour sablonneuse de sa maison située dans un village du nord-ouest du Sénégal, Khady Sene entrelace avec régularité des roseaux : le début d’un nouveau panier.
Comme de nombreux après-midis, elle est entourée d’une dizaine d’autres femmes, réunies pour tisser selon une technique transmise de mère en fille depuis des générations.
Si les femmes du village de Mborine quittent rarement ce coin reculé du Sénégal, leurs créations, elles, voyagent beaucoup plus loin. Ces paniers sont devenus tendance dans des pays comme les États-Unis ou la France. Mais en retournant l’étiquette d’un panier de style sénégalais vendu dans une grande enseigne occidentale, il est possible de découvrir qu’il a été fabriqué au Vietnam, important exportateur de copies. Pendant ce temps, les paniers sénégalais authentiques, faits à la main, se vendent parfois à des prix exorbitants à l’étranger, sans que les tisseuses ne bénéficient réellement de cette plus-value.
Spécialité d’un ensemble de villages wolofs du nord-ouest du pays, ces paniers sont fabriqués à partir de roseaux enroulés et liés par des bandes de plastique colorées autrefois des fibres de palmier. « Je fais ce travail depuis ma naissance », confie Khady Sene à l’AFP depuis sa cour, tandis que l’on entend des animaux de ferme derrière les murs en parpaings de sa concession.
Les femmes produisent une large gamme d’articles, allant des vans à céréales aux grands paniers à linge, vendus localement le long des routes ou sur les marchés de Dakar. Mais « ceux qui viennent au marché les achètent à des prix dérisoires, qui ne nous permettent même pas de couvrir nos coûts », déplore la mère de 35 ans.
Alors qu’un grand panier à linge peut se vendre 13 000 francs CFA (23 dollars) sur un marché local après être passé par un intermédiaire, les modèles exportés à l’étranger dépassent largement les 150 dollars. Pour cet artisanat fortement ancré dans l’identité nationale, Khady Sene espère que les autorités mettront en place des conditions favorables afin de mieux soutenir les artisanes, « pour que nous puissions vivre de ce travail ».
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