COP30
Chaque année, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) publie son rapport, l'« Emission Gap Report », sur l’écart des émissions, un bilan des engagements climatiques des pays du monde entier.
Ce rapport, véritable piqûre de rappel avant chaque COP, démontre l’urgence d’accélérer les politiques de réduction des gaz à effet de serre.
Selon le rapport 2025, les plans actuels des pays pour 2035 permettraient un réchauffement global compris entre 2,3 et 2,5 °C d’ici la fin du siècle. Bien qu’il s’agisse d’une légère amélioration par rapport à l’an dernier, où la trajectoire prévoyait entre 2,6 et 2,8 °C, les objectifs de limitation à 1,5 °C semblent désormais hors de portée, voire dépassés avant la fin de cette décennie.
Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE, souligne : « L’écart des émissions est existentiel pour de nombreux pays et communautés. C’est pourquoi il est crucial de sensibiliser à ce problème. Des communautés seront inondées, des incendies feront rage, des sécheresses se produiront, et les tempêtes tropicales deviendront plus fréquentes et plus intenses. Dans plusieurs grandes villes à travers le monde, l’eau commencera à manquer. Voilà la réalité actuelle. Et plus cet écart est important, plus nos efforts pour réduire les émissions avancent lentement. »
Le rapport rappelle que la hausse moyenne de la température est principalement due aux émissions de dioxyde de carbone issues de la combustion de combustibles fossiles. Même des réductions rapides et profondes ne permettront probablement pas de maintenir le réchauffement en dessous de 1,7 °C ce siècle.
Les grands émetteurs, en particulier les pays du G20, sont pointés du doigt. Ensemble, ils représentent 77 % des émissions mondiales. Le rapport note que seulement sept membres du G20 ont soumis de nouvelles contributions climatiques en vue de la COP30 : Australie, Brésil, Canada, Japon, Russie, Royaume-Uni et États-Unis. La Chine n’a publié sa contribution que récemment, et le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sous une précédente administration contribue à un réchauffement supplémentaire estimé à 0,1 °C.
Il y a dix ans, avant l’Accord de Paris, le monde était sur la trajectoire d’un réchauffement de 4 °C. Aujourd’hui, malgré certains progrès, l’écart entre les ambitions et la réalité reste préoccupant.
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