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8ᵉ Festival du film de Kaduna : le cinéma, moteur de changement social

Des acteurs de Nollywood jouent une scène à Lagos, au Nigeria, le 18 septembre 2013   -  
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Nigeria

Au Nigeria, le Festival international du film de Kaduna (KADIFF) célèbre une nouvelle année de promotion des valeurs culturelles uniques de la région à travers l’art cinématographique.

Cette édition met particulièrement en avant le rôle du cinéma comme instrument de transformation sociale dans une société largement dominée par les médias.

Les professionnels de l’industrie créative ont insisté sur ce message lors de la 8ᵉ édition du festival, qui se tient dans le nord-ouest du Nigeria. Le thème retenu cette année, « Le cinéma au service du changement social », souligne le potentiel du septième art pour influencer les mentalités, faire évoluer les perspectives et nourrir le débat public à l’échelle nationale.

Audu Kashim Israel, directeur exécutif du festival, a rappelé que le cinéma reste l’un des moyens les plus puissants de raconter des histoires et de défendre des causes. « Les films ont la capacité de déclencher des changements concrets dans la société, d’où le choix du thème de cette édition », a-t-il précisé.

L’édition 2025 a enregistré plus de 2 000 propositions issues de plus de 50 pays. Parmi celles-ci, 168 films ont été retenus par un jury composé de neuf membres, représentant 15 pays, dont l’Ouganda, le Nigeria, le Kenya, la Russie, la Finlande, la France, les États-Unis, l’Inde, la Tunisie et le Ghana. L’Ouganda domine une fois encore le classement, avec le plus grand nombre d’entrées, marquant la troisième année consécutive de sa présence prépondérante sur la plateforme de Kaduna. « Cela témoigne de la notoriété croissante du festival à l’échelle africaine et internationale », a commenté Audu.

Cette édition a proposé un programme riche et varié : classes de maître, projections de films inspirants provenant de plus de 15 pays, discussions thématiques, expositions culturelles, activités touristiques, remises de prix, ateliers et, pour la première fois, un programme d’acquisition de compétences. À l’échelle mondiale, le KADIFF constitue une plateforme essentielle pour faire émerger des discussions et valoriser le rôle social du cinéma.

La réalisatrice Abujaoise Gloria Ugolee-Ehiosun, fervente défenseure du changement social par le cinéma, a souligné l’importance de sensibiliser les jeunes créateurs à la dimension sociale de leur art. « J’encourage mes étudiants à produire des films qui contribuent à un changement de comportement dans la société. Participer à ce festival, qui met l’accent sur le changement social, est donc particulièrement significatif », a-t-elle déclaré.

Chinyere Nwabueze, actrice et cinéaste vétéran de Nollywood, a rappelé que « dans un contexte où notre environnement social est confronté à de nombreux défis, le cinéma demeure un outil privilégié pour transformer certaines perceptions négatives ».

Le journaliste et réalisateur britannique John Coster a quant à lui estimé que le thème de cette année résonne particulièrement avec les enjeux contemporains : « Il est temps que les jeunes cinéastes africains racontent l’Afrique selon leur propre perspective et ne la laissent pas être représentée par d’autres ».

Créé en 2018, le Festival international du film de Kaduna demeure le premier festival cinématographique international du nord du Nigeria, affirmant chaque année davantage sa position comme un vecteur de culture et de dialogue social à travers le continent.