République Centrafricaine
Quelque 2.000 à 3.000 personnes étaient réunies vendredi à Bangui, la capitale de la Centrafrique, pour soutenir le changement de Constitution qui pourrait permettre au président de la Centrafrique, Faustin Archange Touadéra, de briguer un nouveau mandat.
Les tribunes du stade Barthélémy Boganda qui peuvent accueillir jusqu'à 20.000 spectateurs étaient clairsemées pour le dernier rendez-vous des soutiens du "oui" à une nouvelle Constitution. Un prélude au vote qui doit voir 1,9 millions d'électeurs approuver une nouvelle loi fondamentale dimanche, dans ce pays toujours en proie à une rébellion après des années de guerre civile.
Le bleu et le blanc du Mouvement Coeurs Unis (MCU) du président de la Centrafrique, Faustin Archange Touadéra, tout comme les pagnes à l'effigie de ce dernier, étaient de rigueur dans les travées. L'événement s'est déroulé en présence de Félix Moloua, le Premier ministre, et de Simplice Mathieu Sarandji, président de l'Assemblée nationale.
Mais surtout en l'absence du chef de l'Etat dont la présence était pourtant annoncée par les organisateurs et qui devait s'exprimer en fin d'événement. Ces derniers n'ont pas donné d'explications officielles, mais M. Touadéra participait au sommet Russie-Afrique à Saint-Pétersbourg de mercredi à vendredi.
"J'interpelle ceux qui se disent vraiment Centrafricains à aller voter pour le oui, pour que notre pays soit véritablement indépendant et souverain", a lancé Evariste Ngamana, directeur de la campagne.
Dans un pays où 71% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté selon la Banque mondiale, les principaux partis d'opposition et organisations de la société civile, ainsi que des groupes armés rebelles, ont appelé à boycotter le scrutin.
La nouvelle Constitution, qui allonge notamment la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans et supprime la limite de mandat, pourrait permettre à M. Touadéra d'en briguer un nouveau et de se maintenir au pouvoir, dénonce l'opposition.
Aucune statistique crédible ne permet de prédire l'issue du vote qui doit se dérouler dans plus de 5.400 bureaux dispersés sur un vaste territoire où les groupes armés mènent des actions de guérilla, mais la victoire du "oui" fait peu de doute.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a assoupli jeudi l'embargo sur les armes vers la Centrafrique, excluant désormais celles destinées aux forces gouvernementales, une décision jugée toutefois comme un "affront" par Bangui.
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