Gabon
Les magistrats gabonais ont entamé lundi une "grève générale illimitée" sur tout le territoire, exigeant notamment une revalorisation salariale et un changement de statut, a indiqué à l'AFP le président du Syndicat national des magistrats du Gabon.
"Notre magistrature est complètement à terre", a déclaré à l'AFP Germain Nguema Ella, président du Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag), et "rien n'est fait pour que les magistrats soient dans de bonnes conditions de vie et de travail", a-t-il ajouté.
Réunis en assemblée générale jeudi à Libreville, les magistrats avaient décidé à l'unanimité d'une "grève générale illimitée" à compter de ce lundi.
"C'est une situation de ras-le-bol (...) les magistrats gabonais sont mal rémunérés (...) Vous ne pouvez pas demander aux gens d'êtres indépendants et de lutter contre la corruption alors que les salaires sont minables (...) On ne peut pas continuer à ce rythme-là", a lancé M. Nguema Ella.
Le syndicat réclame notamment que de nouveaux "véhicules de fonction" soient mis à disposition des magistrats.
"Nous voulons que le projet de nouveau statut élaboré avec le ministère sorte des tiroirs", demande M. Nguema Ella, assurant que "rien n'a bougé" depuis que cet avant-projet a été remis au secrétariat général du gouvernement début juin.
Ce projet vise "un meilleur fonctionnement de la justice, la promotion de valeurs éthiques et déontologiques, l'amélioration des conditions de vie et de travail des magistrats", précise le syndicat dans un communiqué.
Sollicité, le gouvernement n'avait pas réagi dans l'immédiat.
Un "service minimum" sera néanmoins assuré a affirmé le président du Synamag, précisant que les "audiences d'urgence seront maintenues mais qu'il n'y aura plus d'audiences publiques. Les déferrements devant le procureur de la République seront limités, mais il sera toujours possible d'utiliser les voies de recours sur les décisions rendues", a-t-il conclu.
Le Gabon est classé dans le dernier tiers des pays les plus corrompus au monde et pointe à la 124e place sur 180 dans l'index de Transparency International (2021) sur la perception de la corruption.
Le pays est dirigé par Ali Bongo Odimba, élu président en 2009 après le décès de son père, Omar Bongo Ondimba, qui avait dirigé ce petit Etat d'Afrique centrale riche de son pétrole 42 années durant.
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