Niger
Des soldats du Niger engagés dans la lutte contre les djihadistes seraient "responsables d'exécutions sommaires" de dizaines de civils dans la région de Tillabéri (ouest), a indiqué Abdoulaye Seydou, responsable d'une ONG ayant participé à une enquête de la Commission nationale des droits de l'Homme (CNDH).
"_Il y a bel et bien eu lieu des exécutions de personnes civiles non armées et la mission a découvert au moins 71 personnes qui ont été tuées dans six fosses communes. Ce sont des éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS) qui sont responsables de ces exécutions sommaires et extrajudiciaire_s."
"Il y a eu utilisation d'armes blanches et d'armes à feu légères", a ajouté le président du Réseau panafricain pour la paix, la démocratie et le développement (REPPA). "Toutefois, nous ne disposons pas d'indices ou d'éléments pouvant établir la responsabilité de l'armée en tant qu'institution et de la hiérarchie militaire".
Pour sa part, Alichina Amadou Koulguéni, secrétaire général de la CNDH, a avancé que "_ dans l'ensemble des six fosses communes, dont on a procédé à l'exhumation, les corps avaient tous les mains attachées dans le dos, le turban sur le cou avec des impacts de balles."_
Accusations de l'ONU et d'Amnesty
Début avril, la mission de l'ONU au Mali (Minusma) avait dénoncé une "multiplication" de méfaits imputés aux armées nationales au Sahel. L'ONU avait dénombré 101 exécutions extrajudiciaires par l'armée malienne entre janvier et mars, et une trentaine d'autres par l'armée nigérienne sur le sol malien. En juin, Amnesty International avait accusé des soldats de trois pays du Sahel engagés dans la lutte contre les djihadistes de la disparition de près de 200 personnes en quelques mois, selon l'ONG.
Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, "des soldats sèment la terreur et commettent des tueries dans des villages sous couvert d'opérations antiterroristes", avait écrit l'organisation de défense des droits humains dans un document.
Le Niger s'était déclaré "indigné" par les accusations de l'ONU concernant des exécutions extrajudiciaires de civils par son armée au Mali et s'était dit prêt à accepter une "enquête internationale".
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