Burkina Faso
Ces terres situées juste à l’est de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso étaient il y a encore quelque temps verdoyantes de végétation et réputées pour leur fertilité.
Mais Juliette Rouamba et les agriculteurs de la localité ont vu le paysage jaunir et la terre devenir avare ces derniers mois. En cause, une dure sécheresse qui frappe la région.
Juliette Rouamba explique qu’elle travaille cette terre depuis 17 ans. Mais que tout a commencé à se détériorer il y a trois ans au point où elle a dû arrêter d’y cultiver ses champs. Autre problème, la présence d’immenses troupeaux dans les pâturages avoisinants qu’elle accuse d’avoir décimé ses plantations.
Les activités champêtres à l’arrêt, les paysans comme Julienne ont dû trouver des activités alternatives pour joindre les deux bouts. Elle s’est convertie dans la collecte et la vente du gravier et du tamisera.
Si la lente désertification a des conséquences immédiates sur le mode de vie des Burkinabé, elle est empirée par de fortes migrations des populations des zones sahéliennes dans un contexte sécuritaire tendue.
“Actuellement, ce qui complique cette lutte (contre la désertification) est la question de l’insécurité au niveau des villages, de telle sorte qu’il y a des populations dans le nord qui ont quitté leurs villages, fui leurs maisons et brûlé leurs réserves (de nourriture) que les terroristes pourraient utiliser contre eux. Donc, vous voyez, tout cela ne fait qu’empirer la situation”, explique Mathieu Ouedraogo, président de l’ONG Environnemental MARP NETWORK BURKINA.
La crise climatique entraîne des conséquences économiques dont la plus patente est la pauvreté. Mais les frustrations politiques ne sont jamais loin.
“Il n’y a pas assez de pluie, il n’y a pas d’endroit où cultiver, il y a la pauvreté, les djihadistes contrôlent tout, tout le monde fait du commerce et des affaires ne réussissent pas pour les pauvres, ce ne sont que les riches qui peuvent réussir en affaires. Mais nous sommes dans ce monde, nous devons nous battre”, avance Bibata Sankara, 42 ans, propriétaire d’un magasin dans la banlieue de Ougadougou.
Les crises sécuritaires et aussi climatiques au Burkina Faso ont déjà fait quelque 850 000 déplacés. Autant de cultivateurs spécialisés dans l’agriculture de subsistance désormais incapables de nourrir leurs familles.
Au total, l’insécurité alimentaire touche 2 millions de Burkinabé selon le gouvernement.
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