Bénin
L’ancien président béninois en exil Thomas Boni Yayi a quitté mercredi soir Cotonou après une visite éclair sans avoir rencontré le chef de l’Etat Patrice Talon, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.
“Le président est reparti précipitamment de Cotonou hier soir pour des raisons que nous ignorons”, a déclaré un proche de l’opposant.
“Le président et la délégation qui l’accompagnait sont partis de Cotonou cette nuit par le même vol qui les avait amenés”, a confirmé une source aéroportuaire.
Boni Yayi était arrivé mercredi après-midi, accompagné d’une importante délégation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) impliquée dans la résolution de la crise béninoise. Mais celle-ci s’est finalement rendue sans lui à la présidence pour échanger avec Patrice Talon.
L’ancien chef d’Etat a finalement rendu visite à un autre leader de l’opposition, Nicéphore Soglo.
La rencontre avec Patrice Talon avait pourtant été annoncée officiellement par le gouvernement béninois et confirmée par des proches de l’opposant.
“Boni Yayi n’est pas allé à la rencontre du président parce qu’il est convaincu que sa principale doléance, qui est la reprise des élections législatives, ne sera pas prise en compte”, avait expliqué à l’AFP un membre de l’entourage de Thomas Boni Yayi.
Eric Houndete, opposant et ancien vice-président de l’Assemblée, a regretté que la délégation de la Cédéao n’ait pas pris le temps de rencontrer d’autres leaders de l’opposition.
“La mission de la Cédéao (…) aurait dû nous rencontrer pour nous écouter après avoir écouté le président de la République”, a-t-il dit.
L’ancien président Boni Yayi (2006-2016) s‘était exilé après l’encerclement de son domicile de Cotonou par les forces de l’ordre pendant près de deux mois, après le scrutin contesté du 28 avril dont l’opposition avait été exclue.
La crise qui avait suivi avait débouché sur des manifestations et des violences avec une dizaines de morts par balles.
Le président Talon a fait quelques gestes d’apaisement comme l’amnistie des auteurs de violences lors des manifestations, ou l’organisation d’un dialogue politique auxquels n‘étaient pourtant pas conviés les principaux partis d’opposition.
Mais les principales revendications de l’opposition n’ont pas été satisfaites, à savoir notamment l’assouplissement des nouvelles conditions à remplir par les partis politiques pour obtenir une reconnaissance légale. C’est ce qui avait empêché les principaux détracteurs de Patrice Talon de participer aux élections il y a six mois.
AFP
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