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Angola - 100 jours au pouvoir du président Lourenço : la politique de la rupture engagée

Angola - 100 jours au pouvoir du président Lourenço : la politique de la rupture engagée

Angola

Lors de sa campagne à la faveur des élections générales d’août dernier, Joao Lourenço l’avait promis : il lutterait contre la corruption et ne se laisserait guider que par la volonté du peuple. Voici déjà 100 jours qu’il a pris les rênes du pays, quel bilan dresse le nouvel homme fort d’Angola ?

Nettoyer pour mieux régner. Ainsi pourrait-on résumer les premiers jours de gouvernance du président angolais Joao Lourenço. À peine avait-il pris le pouvoir que le nouvel homme fort de Luanda avait commencé à faire le tri au niveau des instances de décision. Principales cibles, des proches de l’ancien président Jose Eduardo dos Santos, avec qui il partage le parti au pouvoir, le MPLA.

Le coup de grâce, Joao Lourenço l’a donné en limogeant Isabel dos Santos, la fille de son prédécesseur, qui avait été nommée à la tête de la compagnie nationale pétrolière, la Sonangol, un an plutôt. Plusieurs hauts gradés réputés proches du président dos Santos, également des responsables de la Communication n’ont pas été épargnés. Lors d’une conférence de presse ce lundi à l’occasion de ses 100 jours de gouvernance, le nouveau président a laissé entendre qu’il pourrait également démettre de ses fonctions Filomeno dos Santos, qui dirige le fonds souverain du pays.

En redistribuant les cartes, Joao Lourenço a su s’imposer dans un environnement qui semblait être dominé par l’ancien président, qui avait même pris soin de verrouiller le système avant de se retirer du pouvoir. A Luanda, l’intrigue est cependant toujours au rendez-vous. Le nouveau a-t-il réellement une volonté de rompre avec l’ancien système ou s’agit-il d’un continuum, mais avec des hommes différents. Difficile d’y répondre pour l’heure, mais la rupture avec le clan dos Santos semble bien engagée.

Diplomatie et mesures d’austérité

Lors des 100 premiers jours du président Lourenço, il ne s’est pas qu’agi du clan dos Santos. Le nouveau président s’est également engagé dans un matraquage diplomatique. À l’inverse de son prédécesseur, affaibli par la maladie qui avait limité ses déplacements à l‘étranger, Joao Lourenço a multiplié les voyages.

Il était notamment du voyage au Zimbabwe, en novembre, pour convaincre le président Robert Mugabe de céder le pouvoir, après l’injonction qui lui a été faite par l’armée, son parti et la population. Le même mois, Joao Lourenço était également au sommet Union africaine – Union européenne à Abidjan, où il a rencontré nombre de dirigeants dont le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron.

Toujours au plan diplomatique, le président angolais a amorcé un rapprochement avec l’Afrique du Sud, dont il a supprimé les visas pour les citoyens.

Ces 100 jours de gouvernance, c’est aussi des mesures économiques. Joao Lourenço a par exemple exclu une augmentation des salaires des fonctionnaires, en raison des mesures d’austérité.

Autre mesure, l’ouverture du secteur minier aux investisseurs pour la diversification de l‘économie angolaise, crispée par la chute des cours du pétrole dont le pays est largement tributaire. L’exécutif a notamment annoncé un programme d’investissement dans 23 nouveaux projets d’exploration minière, dans les secteurs du diamant, de l’or, du phosphate, du minerai de fer, du cuivre et des pierres naturelles.

Deux contrats d’investissements d’une valeur de 10 millions de dollars ont du reste été approuvés par le ministère angolais des Mines et du Pétrole dans la province du Cabinda.

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