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Afrique du Sud : une 11e femme retrouvée morte, les meurtres suscitent l’inquiétude

Afrique du Sud : une 11e femme retrouvée morte, les meurtres suscitent l’inquiétude
Une affiche est visible sur les lieux où le corps d’une femme de 38 ans a été découvert la semaine dernière alors qu’elle faisait son jogging, à Kempton Park, à l’est de Johan   -  
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AP Photo

Afrique du Sud

La découverte du corps d’une nouvelle femme dans une municipalité située à l’est de Johannesburg porte à 11 le nombre de femmes retrouvées mortes dans cette région au cours des dix dernières semaines, ravivant les inquiétudes face à une série de meurtres dans un pays déjà confronté à des niveaux élevés de violence envers les femmes.

La police a indiqué dimanche que la dernière victime avait été retrouvée vers midi dans un terrain vague à Ekurhuleni. Un véhicule d’une société de sécurité qui patrouillait dans le secteur a repéré le corps et alerté les autorités.

L’identité, l’âge et les causes du décès de la femme n’étaient pas encore connus.

Cette découverte intervient un jour après celle du corps d’une autre femme près d’un cimetière dans la même municipalité. Le chef de la police provinciale, Tommy Mthombeni, a indiqué que la victime semblait avoir été tuée à coups de pierres. Une autopsie doit déterminer précisément les causes de sa mort.

La police a annoncé qu’un homme soupçonné d’être lié à ce meurtre avait été arrêté à près de 400 kilomètres de là après avoir quitté la région. Cette arrestation porte à quatre le nombre de personnes actuellement détenues dans le cadre des enquêtes sur ces meurtres.

Les autorités soulignent toutefois qu’aucun lien n’a pour l’instant été établi entre les différentes affaires.

Les décès suscitent néanmoins une inquiétude croissante, notamment parce que huit des 11 corps ont été découverts au cours du seul mois de septembre. Plusieurs victimes ont été retrouvées partiellement ou entièrement dévêtues, tandis que certaines présentaient des signes d’agression sexuelle, selon la police.

La plupart des autres victimes étaient âgées d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années.

Ces enquêtes interviennent alors que l’Afrique du Sud est confrontée depuis des années à un problème persistant de violences fondées sur le genre. Malgré les nombreuses initiatives lancées par le gouvernement pour lutter contre les violences faites aux femmes, le phénomène reste largement répandu et a été déclaré crise nationale.

L’ampleur des besoins en matière d’aide est illustrée par les chiffres du Centre national de lutte contre les violences fondées sur le genre. Entre le 1er et le 16 septembre, le centre a reçu 6 782 appels de détresse, soit une moyenne de plus de 400 appels par jour. Ce chiffre représente une hausse de 21 % par rapport à la même période en août.

Pour les enquêteurs d’Ekurhuleni, la priorité reste désormais d’identifier la dernière victime et de déterminer les circonstances exactes de sa mort.

La police n’a pas indiqué si les 11 décès pourraient être liés à un même auteur ou à un même mobile. Tant que les analyses médico-légales et les enquêtes n’auront pas permis d’établir d’éventuels liens, les autorités traitent les affaires séparément.

Cette incertitude ne fait toutefois qu’alimenter l’inquiétude dans les communautés, alors que les enquêteurs poursuivent leurs investigations sur plusieurs scènes de crime dans cette vaste municipalité.

La dernière découverte vient ainsi alourdir un bilan qui attire une nouvelle fois l’attention sur la vulnérabilité des femmes dans les quartiers où les terrains vagues, les zones isolées et les espaces peu fréquentés peuvent devenir des lieux de violences.

Alors que la police poursuit ses recherches et attend les résultats des examens médico-légaux, les familles et les communautés attendent surtout des réponses : qui étaient les victimes et les responsables de ces morts pourront-ils être traduits en justice ?

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