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L’ONU consacre le 27 novembre à la lutte contre le mariage des enfants

Un match de football organisé pour sensibiliser le public au problème des mariages précoces, à Shamva, au Zimbabwe, le 29 août 2025   -  
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ONU

Le 27 novembre sera désormais consacré chaque année à la lutte contre le mariage des enfants, le mariage précoce et le mariage forcé.

En adoptant cette résolution avec le soutien des 193 États membres, l’Assemblée générale des Nations unies entend faire de cette date un rendez-vous mondial de sensibilisation, de coordination et d’évaluation des progrès accomplis.

Le texte, porté notamment par la Sierra Leone, le Cap-vert, le Costa Rica et le Maroc, souligne que ces pratiques constituent des atteintes aux droits humains et touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles, en particulier celles exposées à des situations de vulnérabilité. Chaque année, quelque 12 millions de filles sont mariées avant l’âge de 18 ans, tandis qu’environ 650 millions de femmes et de filles vivant aujourd’hui ont été mariées durant leur enfance, selon les chiffres cités de l’UNICEF.

L'ONU appelle à prendre en compte les unions informelles, arrangées ou non enregistrées auprès des autorités. Ces situations, parfois moins visibles, doivent également être intégrées aux politiques de prévention et d’élimination du phénomène.

Une mobilisation mondiale coordonnée

La nouvelle journée internationale doit servir de plateforme permanente pour rapprocher les gouvernements, la société civile, les responsables religieux, les établissements scolaires et les communautés. Elle vise notamment à accélérer les politiques publiques et à contribuer aux objectifs de développement durable dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la protection de l’enfance.

"Nous accueillons un mandat mondial d’action", a déclaré Fatima Maada Bio, Première dame de Sierra Leone et présidente de l’Organisation des Premières Dames africaines pour le développement (OAFLAD), appelant les dirigeants à garantir aux filles la liberté et la possibilité de réaliser pleinement leur potentiel.

L’initiative a également été portée par Bhuwan Ribhu, fondateur du réseau international Just Rights for Children, qui a appelé les gouvernements à intensifier leurs politiques afin d’éradiquer cette pratique d’ici à 2030. Selon cette organisation, ses actions auraient permis de prévenir ou d’interrompre plus de 550 000 mariages d’enfants depuis 2023.

L’éducation comme levier de prévention

La résolution met particulièrement l’accent sur l’éducation et l’autonomisation des filles et des jeunes femmes. Les États sont encouragés à élaborer des stratégies nationales associant plusieurs secteurs, à partager leurs bonnes pratiques et à investir dans une éducation de qualité accessible à toutes.

Le texte préconise également de permettre aux filles et aux jeunes femmes déjà mariées de poursuivre ou de reprendre leur scolarité. L’objectif est de réduire les facteurs qui favorisent les mariages précoces tout en offrant des perspectives aux victimes et aux personnes qui y ont échappé.

Les conséquences de ces unions dépassent en effet largement le cadre matrimonial : interruption de la scolarité, risques sanitaires liés notamment aux grossesses précoces, diminution des perspectives économiques et restriction de l’exercice de nombreux droits fondamentaux figurent parmi les effets dénoncés par les Nations unies.

En faisant du 27 novembre une journée internationale, l’ONU cherche ainsi à donner une visibilité accrue à un combat qui ne saurait se limiter à un rendez-vous annuel. La date devra rappeler aux États leur responsabilité, tout en favorisant des mesures concrètes pour prévenir ces unions et protéger les enfants qui y sont exposés, avec une attention particulière portée aux filles, qui en constituent l’immense majorité des victimes.