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Tunisie : chaleur extrême et coupures d’eau et d’électricité

Des personnes se rafraîchissent dans des fontaines en pleine vague de chaleur, Tunis, Tunisie, 27 août 2026.   -  
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Canicule

Frappée par une deuxième vague de chaleur, la Tunisie enregistre des températures atteignant 48 à 49 °C dans certaines régions. Les habitants doivent également faire face à des coupures prolongées d’électricité, à des interruptions de l’approvisionnement en eau et à une pénurie de bouteilles dans les commerces.

La Tunisie suffoque sous une deuxième vague de chaleur. Selon l’Institut national de la météorologie, les températures ont atteint 48 à 49 °C dans certaines régions du pays.

Dans les rues de Tunis, les habitants cherchent de l’ombre et tentent de se rafraîchir comme ils le peuvent. La chaleur extrême entraîne une forte augmentation de la consommation d’eau et d’électricité, alors que ces deux ressources se font rares depuis le début de l’été.

Dans certaines zones, y compris dans la capitale, les coupures de courant peuvent durer plus de dix heures.

Des délestages pour soulager le réseau électrique

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz, la STEG, publie des calendriers de coupures concernant plusieurs villes et quartiers, notamment dans le Grand Tunis, qui compte près de trois millions d’habitants.

L’entreprise publique présente ces interruptions comme des opérations de délestage nécessaires pour réduire la pression sur son réseau, fortement sollicité par les températures extrêmes.

Les coupures d’électricité ont également des conséquences sur l’approvisionnement en eau. Une grande partie du réseau tunisien dépend de pompes électriques, qui cessent de fonctionner lors des interruptions de courant.

Les robinets restent ainsi à sec pendant plusieurs heures dans certaines localités.

À ces difficultés s’ajoute une pénurie d’eau en bouteille, elle-même aggravée par les problèmes d’électricité qui touchent la production et la distribution.

Plusieurs supermarchés ont imposé des quotas afin de limiter le nombre de bouteilles achetées par personne. Dans les petites épiceries, les stocks s’épuisent parfois rapidement, alors que les besoins augmentent sous l’effet de la canicule.

Cette situation provoque une vive inquiétude parmi les habitants, confrontés simultanément à une chaleur exceptionnelle et à l’indisponibilité de services essentiels.

Kaïs Saïed évoque des « actes prémédités »

Le président tunisien Kaïs Saïed affirme que les coupures prolongées d’eau et d’électricité ne seraient pas uniquement dues à des pannes ou à la surcharge des réseaux.

À l’issue d’une réunion avec la Première ministre Sarra Zaafrani, plusieurs membres du gouvernement et les responsables de la STEG et de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux, la SONEDE, le chef de l’État a dénoncé des « actes prémédités ».

Selon lui, les interruptions de services ne constitueraient pas des incidents « temporaires ou isolés ». Elles viseraient à « enflammer la situation », à diffuser des rumeurs et à semer la confusion dans la population.

Kaïs Saïed a également évoqué des « plans criminels » et des « tentatives de provocation ». Il n’a toutefois fourni aucun élément permettant d’étayer publiquement ces accusations ni désigné les personnes ou les organisations qui seraient à l’origine de ces actes.

Un contexte politique tendu

Le président a accusé les « ennemis de la patrie » et leurs soutiens de chercher à maltraiter les Tunisiens en les privant de services essentiels.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de durcissement politique. La Tunisie avait été considérée comme la seule démocratie issue des soulèvements du Printemps arabe de 2011. Mais depuis que Kaïs Saïed s’est arrogé des pouvoirs étendus en 2021, les organisations de défense des droits humains dénoncent un recul majeur des libertés.

Des dizaines d’opposants et de détracteurs du président ont été poursuivis ou emprisonnés, notamment pour des accusations liées au terrorisme ou en vertu d’un texte adopté en 2022 contre la diffusion de « fausses informations ».

Alors que la canicule se prolonge, la succession des coupures et des pénuries accentue la pression sur une population déjà éprouvée par les difficultés économiques et les tensions politiques.