Hakainde Hichilema
L’alliance d’opposition Tonse-Pamodzi demande à l’Union africaine d’intervenir dans la crise postélectorale en Zambie. Elle estime que l’investiture du président élu Hakainde Hichilema, prévue le 1er septembre, pourrait compromettre l’examen des recours contestant les résultats du scrutin.
L’opposition zambienne a appelé l’Union africaine à intervenir avant l’investiture du président élu Hakainde Hichilema, programmée le 1er septembre 2026.
Dans une lettre datée du 25 août et adressée au président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, l’ancien diplomate Emmanuel Mwamba affirme que les mécanismes judiciaires permettant de contester les résultats électoraux ont été entravés.
S’exprimant au nom de l’alliance Tonse-Pamodzi, il soutient que les locaux des tribunaux ont été bouclés par des forces de sécurité armées le 24 août. Cette fermeture aurait empêché des avocats de déposer leurs requêtes lors du dernier jour du délai constitutionnel de sept jours.
« Un État ne peut pas exiger que les litiges électoraux soient réglés exclusivement par la voie judiciaire tout en bloquant physiquement l’accès à cette voie », a écrit Emmanuel Mwamba.
Face à l’impossibilité présumée d’accéder au greffe, l’avocate Linda Kasonde, l’activiste Brebner Changala et la fondation LCK Freedom auraient envoyé leur requête à l’adresse électronique privée du président de la Cour suprême, Mumba Malila.
Celui-ci en aurait accusé réception avant de transmettre le dossier à la Cour constitutionnelle.
L’opposition considère que l’investiture d’Hakainde Hichilema avant une décision de justice priverait les recours constitutionnels de leur portée. Elle demande donc une intervention rapide de l’Union africaine.
Selon Emmanuel Mwamba, les violations dénoncées pourraient encore être corrigées, mais seulement avant la cérémonie du 1er septembre.
L’alliance Tonse-Pamodzi fait également état du déploiement de militaires dans des bureaux de vote et des centres de compilation des résultats.
Elle évoque par ailleurs une opération des forces de sécurité au domicile du principal candidat de l’opposition, Brian Mundubile. L’ancien ministre Mutotwe Kafwaya aurait été tué au cours de cette intervention, tandis que plusieurs personnalités auraient été arrêtées.
Ces affirmations sont présentées par l’opposition et n’ont pas été confirmées de manière indépendante dans les informations disponibles.
Emmanuel Mwamba conteste aussi la conduite de la Commission électorale de Zambie. Il lui reproche d’avoir suspendu la compilation des résultats le 14 août, puis de les avoir proclamés tôt dans la matinée du 18 août sans publier les données détaillées de chaque bureau de vote.
Pour l’opposition, cette absence de résultats ventilés empêche une vérification transparente du scrutin et renforce les interrogations sur la régularité du processus électoral.
Le pouvoir judiciaire livre cependant une autre version de la situation. Son porte-parole, Kalumba Slavin, a indiqué que le greffe de la Cour constitutionnelle n’avait reçu aucun recours officiel contre l’élection présidentielle à la clôture des bureaux, le 25 août.
En l’absence d’une requête formellement enregistrée, la prestation de serment d’Hakainde Hichilema devrait donc se dérouler comme prévu le 1er septembre, conformément aux dispositions constitutionnelles.
Cette divergence entre l’opposition et les institutions judiciaires laisse planer l’incertitude sur les voies de recours encore disponibles avant l’investiture.
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