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Éthiopie : une frappe de drone fait 13 blessés au Tigré

Tigré nord de l'Ethiopie, janvier 2026   -  
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AP Photo

Ethiopie

Une frappe de drone a fait au moins 13 blessés, dont cinq enfants, jeudi matin à Mekelle, capitale de la région du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie. L’attaque intervient alors que les tensions entre les autorités fédérales et les forces tigréennes font craindre une reprise du conflit qui a ravagé la région entre 2020 et 2022.

Selon Birhanu Hailemariam, coordinateur des urgences de l’hôpital de référence d’Ayder, les 13 victimes ont été prises en charge après la frappe. Trois personnes ont été grièvement blessées. Les patients, âgés de deux à 60 ans, comprennent cinq enfants et sept femmes.

Le vice-président du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), Amanuel Assefa, a affirmé que le drone avait visé jeudi matin un quartier résidentiel de Mekelle. Un journaliste de l’AFP présent dans la ville a également recueilli des témoignages confirmant l’attaque.

Le responsable tigréen a ensuite fait état d’une seconde frappe près de l’université de Mekelle, sans donner davantage de précisions. L’armée fédérale éthiopienne n’a pas immédiatement réagi aux accusations.

Les tensions s'intensifient

Cette attaque survient seulement deux jours après une autre frappe de drone près de Mekelle. Les autorités tigréennes l’avaient également attribuée aux forces fédérales, sans faire état de victimes.

Ces derniers mois, les forces fédérales éthiopiennes et les troupes tigréennes se sont massées de part et d’autre de la frontière régionale. Chaque camp accuse l’autre de chercher à provoquer un nouveau conflit.

Selon Kjetil Tronvoll, spécialiste de la région à l’Oslo New University College, les frappes pourraient viser des responsables de haut niveau du TPLF plutôt que la population civile. Elles témoigneraient néanmoins de la volonté d’Addis-Abeba d’adopter une position plus ferme face au mouvement tigréen.

Le spectre d’une nouvelle guerre

Le TPLF a dirigé de facto l’Éthiopie pendant près de trois décennies avant l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed en 2018. Le mouvement conserve toutefois une influence considérable au Tigré, où il dispose de ses propres forces armées.

En avril, le TPLF a annoncé le rétablissement du parlement régional, une décision rejetée par le gouvernement fédéral. Le 1er août, le mouvement a également affirmé que des combats avaient opposé ses troupes aux forces fédérales près de la frontière soudanaise. Addis-Abeba n’a pas commenté ces informations.

La région reste profondément marquée par la guerre de 2020-2022, qui aurait fait au moins 600 000 morts. Environ un million de personnes y sont toujours déplacées et le Tigré traverse d’importantes difficultés économiques depuis la suppression de certaines subventions fédérales.

La région n’a par ailleurs pas participé aux élections nationales du 1er juin, remportées par le Premier ministre Abiy Ahmed.

La multiplication des incidents militaires et des frappes de drones alimente désormais les craintes d’un nouvel embrasement du Tigré, trois ans après la fin officielle du précédent conflit.

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