République démocratique du Congo
Le 15 juillet a marqué l'expiration de l'ultimatum lancé par les États-Unis exigeant le retrait des troupes rwandaises de l'est de la République démocratique du Congo. Mais sur le terrain, aucun changement notable n'est observé.
Les combats se poursuivent dans plusieurs zones du Sud-Kivu, tandis que des milliers de personnes déplacées, qui espéraient regagner rapidement leurs villages, voient une nouvelle fois leurs attentes déçues.
À Uvira, où affluent des familles ayant fui les violences dans les territoires de Fizi, Mwenga ainsi que sur les hauts et moyens plateaux de Minembwe, la fin de l'ultimatum est accueillie avec un profond sentiment de désillusion. Les déplacés estiment que cette échéance n'a apporté ni amélioration de la sécurité, ni perspective concrète de retour.
« Moi, en tant que déplacée, lorsque j'ai appris que le Rwanda allait retirer ses forces de la RDC, j'étais vraiment heureuse. Mais quand nous avons constaté que ce retrait n'avait pas eu lieu, nous sommes à nouveau inquiets, avec la peur de subir encore des violences, notamment des viols », témoigne Furaha Nyota, déplacée originaire de Katogota.
Comme elle, de nombreuses familles disent avoir cru que la pression diplomatique exercée par Washington ouvrirait la voie à une désescalade du conflit. Cet espoir s'est rapidement dissipé face à la poursuite des affrontements.
« Nous étions heureux en apprenant cette nouvelle. Nous pensions que chacun allait pouvoir rentrer chez lui et vivre en paix. Mais aujourd'hui, nous apprenons que le Rwanda est toujours en première ligne. Cela nous fait très mal », confie Prince Katenza, déplacé de la plaine de la Ruzizi.
Dans les sites d'accueil, les conditions de vie restent particulièrement difficiles. Au-delà de l'aide humanitaire, les déplacés réclament avant tout le retour de la paix et des garanties de sécurité leur permettant de regagner leurs villages.
« Nous supplions les États-Unis de veiller à l'application de ces accords qui demandent au Rwanda de retirer ses troupes de la RDC. S'il y a aussi des troupes ougandaises, qu'elles se retirent également afin que nous puissions enfin retrouver la paix. Nous avons assez souffert. Nous sommes fatigués. Nous ne voulons plus de la guerre », lance Jeanne Badesire, également déplacée.
Pour plusieurs observateurs, l'expiration de l'ultimatum sans évolution tangible sur le terrain met à l'épreuve la crédibilité des initiatives diplomatiques destinées à mettre fin au conflit. Selon Mapenzi Manyebwa, analyste indépendant en résolution des conflits, les partenaires internationaux doivent désormais aller au-delà des déclarations.
« Les grandes institutions internationales, notamment l'Union africaine, l'Union européenne, les États-Unis et les Nations unies, doivent s'imposer et assumer pleinement leurs responsabilités afin de contribuer à la construction d'une paix durable dans la région des Grands Lacs », estime-t-il.
Alors que les affrontements se poursuivent dans plusieurs localités du Sud-Kivu, notamment dans le territoire de Fizi et sur les hauts et moyens plateaux de Minembwe, l'absence de changement après l'échéance du 15 juillet alimente les interrogations sur les suites que Washington entend donner à son ultimatum.
Pour les populations civiles, l'enjeu dépasse désormais le calendrier diplomatique. Elles attendent des mesures concrètes susceptibles d'améliorer leur sécurité et de créer les conditions d'un retour dans leurs localités d'origine.
En attendant d'éventuelles nouvelles initiatives diplomatiques, les déplacés d'Uvira continuent de vivre dans l'incertitude, suspendus à l'évolution d'un conflit qui, jour après jour, bouleverse leur quotidien.
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