République démocratique du Congo
Près de 300 personnes contaminées par le virus Ebola sont actuellement portées disparues en République démocratique du Congo (RDC), une situation jugée « extrêmement préoccupante » par le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya.
Les données disponibles montrent que 297 patients testés positifs ne figurent ni parmi les personnes guéries, ni parmi celles hospitalisées, ni parmi les décès recensés.
L'épidémie, provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, totalise à ce jour 1 118 cas confirmés et 291 décès en RDC, auxquels s'ajoutent 20 cas et deux décès en Ouganda. Selon une modélisation publiée par le bureau régional africain de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans The Lancet Infectious Diseases, le scénario le plus probable prévoit entre 6 600 et 10 300 cas d'ici au 16 septembre, soit environ 8 210 contaminations et 1 420 décès. Dans l'hypothèse la plus pessimiste, le nombre de cas pourrait atteindre 66 000.
Les autorités sanitaires redoutent une transmission communautaire d'ampleur. Environ 30 % des nouveaux cas concernent des personnes déjà identifiées comme contacts de malades confirmés, signe que le virus continue de circuler activement. Les centres de traitement affichent déjà un taux d'occupation de 95 %, alors que le pic épidémique n'aurait pas encore été atteint.
La crise humanitaire aggrave considérablement la situation. Plus d'un million de déplacés vivent dans des camps situés dans des zones de conflit où les équipes médicales n'ont pas accès, rendant impossible le suivi des contacts et l'identification des nouvelles contaminations. Les autorités congolaises ont instauré une période d'attente obligatoire de 21 jours avant tout déplacement pour les personnes ayant séjourné dans les provinces touchées.
L'OMS estime par ailleurs à 70 % le risque d'une propagation de l'épidémie au Soudan du Sud dans les prochaines semaines. La détection récente d'un cas en France, chez un médecin revenu de RDC après une mission pour l'ONG Alima, illustre également le risque d'exportation du virus.
Pour tenter d'enrayer la progression de l'épidémie, les autorités prévoient de recruter 20 000 agents de santé communautaires afin de renforcer la recherche des cas contacts. Deux essais cliniques doivent également être lancés dans les prochains jours : l'un portant sur des traitements spécifiques contre la souche Bundibugyo, l'autre sur un antiviral destiné aux personnes exposées afin de prévenir le développement de la maladie.
Les besoins financiers demeurent toutefois considérables. Africa CDC et l'OMS estiment que la réponse sanitaire nécessite 518 millions de dollars, tandis que les besoins globaux, incluant l'aide humanitaire, atteignent 1,4 milliard de dollars. À ce stade, seuls 13 % des 910 millions de dollars promis par les bailleurs internationaux ont effectivement été déboursés.
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