Tunisie
La présidence tunisienne a annoncé, mardi, le limogeage sans explication de la ministre de l’Industrie et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub, au moment même où le Parlement examinait des projets de loi sensibles ouvrant davantage le secteur des énergies renouvelables aux investisseurs étrangers. Une décision qui intervient dans un climat de fortes tensions politiques, syndicales et parlementaires.
Le président de la République, Kaïs Saïed, a mis fin aux fonctions de la ministre et confié l’intérim à Salah Eddine Zouari, ministre de l’Équipement et de l’Habitat, selon un communiqué officiel publié à l’issue d’une réunion tenue au palais de Carthage en présence de plusieurs membres du gouvernement.
Cette éviction intervient alors que cinq projets de lois, déjà approuvés par le gouvernement et soumis au vote parlementaire, suscitent une vive polémique. Ils prévoient l’octroi de concessions à des entreprises étrangères pour l’installation et l’exploitation de centrales solaires, avec des contrats pouvant atteindre 20 ans, renouvelables pour dix années supplémentaires, assortis d’exonérations fiscales durant les cinq premières années. L’électricité produite serait vendue à la compagnie publique STEG.
Le gouvernement défend ces textes en invoquant la nécessité de renforcer l’indépendance énergétique du pays, d’assurer l’approvisionnement et de réduire le coût de production de l’électricité. La Tunisie, fortement dépendante des importations d’hydrocarbures, consacre une part importante de son budget aux subventions énergétiques. Selon le secrétaire d’État à la transition énergétique, Wael Chouchane, les renouvelables représentent désormais 9 % de la production électrique, avec un objectif de 35 % à l’horizon 2030.
Le plan gouvernemental prévoit par ailleurs près de 500 millions d’euros d’investissements pour des centrales photovoltaïques totalisant 600 MW, principalement implantées dans des régions du centre et du sud, jugées défavorisées mais fortement ensoleillées.
Ces orientations sont toutefois vivement contestées. La centrale syndicale UGTT dénonce des projets qui « perpétuent la dépendance » et « affaiblissent la souveraineté nationale », appelant à des partenariats plus équilibrés entre l’État et les opérateurs étrangers.
Dans ce contexte tendu, certains élus ont publiquement salué le limogeage de la ministre et réclamé des poursuites à son encontre, tandis que le débat parlementaire sur ces réformes énergétiques reste particulièrement clivé.
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