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RDC : la réouverture de la frontière terrestre avec le Burundi ravive l’espoir

Des citoyens burundais qui travaillent à Uvira, en RDC, traversent la frontière vers le Burundi, le 14 décembre 2025   -  
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République démocratique du Congo

À Uvira, ville stratégique du littoral du lac Tanganyika, la vie reprend peu à peu son cours. Fermée depuis plus de deux mois, la frontière entre la République démocratique du Congo et le Burundi a rouvert ce lundi 23 février, mettant fin à une période d’isolement et d’incertitude pour des milliers d’habitants.

La décision de Bujumbura de fermer le poste frontalier faisait suite à la prise de la ville d’Uvira par l’AFC/M23 en décembre , dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu.

Dès les premières heures de la matinée, une foule dense s’est formée aux postes de Kavimvira, côté congolais, et de Gatumba, côté burundais.

Commerçants, transporteurs, élèves et familles séparées par la crise ont franchi la barrière, visiblement soulagés. Les motos-taxis ont repris leurs rotations, les bicyclettes chargées de marchandises ont réapparu, et les échanges transfrontaliers, poumon économique d’Uvira, ont redémarré.

''J'ai une grande joie, car cela faisait longtemps que nous cherchions comment rentrer chez nous, mais ce n'était pas possible," confie Dalili Mussa, citoyen congolais, resté bloqué au Burundi durant la fermeture. Comme lui, de nombreuses familles avaient trouvé refuge de l’autre côté de la frontière, fuyant l’insécurité.

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l’avancée des rebelles du M23 dans la province du Sud-Kivu avait provoqué un afflux important de réfugiés congolais vers le Burundi. La réouverture de la frontière offre désormais une possibilité de retour progressif.

Aline Safi, réfugiée congolaise, se souvient encore des heures de panique : "Nous étions dans la maison avec les enfants lorsque le crépitement des balles et des bombes a commencé. C’est ainsi qu’on a décidé de fuir vers le Burundi pour ne pas être victimes."

Aujourd’hui, elle foule à nouveau le sol d’Uvira avec l’espoir de reconstruire sa vie. Pendant plus de deux mois, l’arrêt des activités frontalières a durement affecté l’économie locale. Uvira dépend largement du commerce informel et des échanges quotidiens avec Gatumba. L’interruption du trafic a entraîné une flambée des prix, une raréfaction de certains produits de base et une perte significative de revenus pour les ménages.

"L’ouverture de la frontière est une grande joie pour nous et pour tous les habitants d’Uvira," témoigne Bosco Amani, commerçant. "Même à Gatumba, il y a une célébration. Des motos et des vélos circulent. J’ai même vu des élèves sortir de leurs écoles pour venir célébrer à la frontière."

Annoncée la veille par le gouverneur du Sud-Kivu, cette réouverture marque un tournant symbolique et économique pour la région. Mais au-delà de l’euphorie, les habitants restent prudents. Les cicatrices des récents affrontements sont encore visibles et la stabilité demeure fragile.

Pour beaucoup, l’essentiel est désormais que la frontière reste ouverte et que les autorités, tant congolaises que burundaises, œuvrent à garantir la sécurité et la libre circulation. À Uvira, l’espoir renaît au rythme des pas qui traversent à nouveau Kavimvira, signe tangible d’un retour progressif à la normalité.

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