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Au Malawi, la lutte contre le VIH vacille un an après les coupes américaines

Une jeune femme se tient devant la clinique du village de Migowi, au Malawi, 10 décembre 2019.   -  
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Malawi

L’impact des coupes budgétaires américaines, annoncées en janvier 2025, se fait désormais sentir à grande échelle au Malawi.

Donald Makwakwa, directeur exécutif de l’Association pour le planning familial du Malawi (FPAM), tire la sonnette d’alarme : « Nous lançons simplement un appel, en tant qu'organisation, aux autres donateurs, mais aussi au gouvernement, afin qu'ils examinent, lors de l'élaboration du budget, les lacunes laissées par le retrait du financement de l'USAID, afin que les personnes vivant dans les zones rurales ne soient pas affectées, car nous savons que nous risquons de perdre tous les acquis que nous avons obtenus au fil des ans. »

Gift Trapence, directeur du Centre pour le Développement du Peuple (Cedep), décrit un système en crise : licenciements, fermeture de centres et arrêt des dispensaires mobiles, tandis que les populations rurales et LGBT voient leur vulnérabilité et les grossesses non désirées augmenter.

Les conséquences sont tangibles. Maureen Maseko, bénéficiaire des services de la FPAM, témoigne : « Dans mon village, près de 25 filles sont tombées enceintes lorsque le planning familial a suspendu ses services l’année dernière. Maintenant que tout est de nouveau disponible, aussi bien des contraceptifs que des préservatifs, je suis sûre que les grossesses précoces vont baisser, et que les jeunes pourront poursuivre leurs études. »

À l’échelle nationale et mondiale, la situation inquiète les spécialistes. Selon une enquête réalisée auprès de 79 ONG dans une cinquantaine de pays, quatre cinquièmes des associations ont dû réduire de moitié la distribution de la PrEP. Au Malawi, le taux d’abandon de ce traitement clé contre le VIH atteint 80 % dans certains districts, exposant des milliers de patients à la progression de la maladie et au risque de nouvelles infections.

La combinaison de la réduction des financements internationaux, de l’interruption de services vitaux et de la stigmatisation grandissante laisse le pays face à une crise sanitaire majeure, menaçant de faire reculer de longues années de lutte contre le VIH.

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