Tanzanie
La date du 9 décembre devait marquer une nouvelle démonstration de force de l’opposition tanzanienne. Elle n’a finalement offert que le spectacle d’un pays figé.
À Dar es Salaam, épicentre des manifestations d’octobre, les rues ont conservé une tranquillité presque irréelle. La capitale économique, d’ordinaire bouillonnante, s’est muée en une cité silencieuse, comme si la vie y avait momentanément suspendu son cours.
Les autorités avaient préparé le terrain avec détermination. Tout au long de la semaine, les mises en garde se sont succédé, la présidente Samia Suluhu Hassan affirmant être prête à répondre à tout rassemblement. Les mesures de sécurité ont été portées à un niveau rarement atteint : transports publics interrompus, contrôles systématiques, déploiement massif des forces de l’ordre. Un ensemble dissuasif qui a largement contribué à vider les artères du pays.
Mais le principal frein est sans doute ailleurs. La population demeure profondément marquée par la répression d’octobre, dont l’opposition affirme qu’elle aurait causé plus de 1 600 morts. Ce traumatisme encore vif a conduit de nombreux Tanzaniens à renoncer à braver les interdictions.
Si le gouvernement se félicite aujourd’hui du calme observé, il ne peut ignorer que la contestation persiste. Les opposants, eux, maintiennent leurs exigences : la démission de la cheffe de l’État et des améliorations concrètes des conditions économiques.
Déterminés à ne pas laisser retomber la pression, ils appellent déjà à une nouvelle mobilisation le 25 décembre, espérant rallumer une flamme que la peur n’a fait, pour l’heure, que contenir.
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