République démocratique du Congo
Huit militaires congolais et un civil ont été condamnés à mort, en appel, par la justice militaire dans deux jugements distincts rendus en Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris mardi de source judiciaire.
Dans une première affaire portant sur le meurtre crapuleux de deux ressortissants chinois en mars, la Haute cour militaire a condamné lundi cinq militaires (dont deux colonels) et un civil à la "peine de mort", selon un arrêt de cette juridiction consulté par l'AFP.
Comme les autres, les colonels Mukalenga Tsendeko et Kayumba Sumahili, ont entre autres été reconnus coupables de "meurtre, association des malfaiteurs", indique cet arrêt rendu à Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri. Ils avaient déjà été condamnés à mort en première instance.
La peine de mort est régulièrement prononcée en RDC mais systématiquement commuée en prison à perpétuité.
Trois autres militaires dont deux condamnés au premier degré à dix ans de prison, dans cette affaire, ont été acquittés faute de preuve.
En première instance, l'accusation avait soutenu que les deux colonels condamnés à mort avaient organisé et planifié une attaque contre un convoi dans lequel circulaient des travailleurs chinois dans le territoire d'Irumu, en Ituri, dans le but de voler quatre lingots d'or et 6 000 dollars transportés par les victimes.
Ce convoi, qui revenait d'un site minier d'exploitation d'or, avait été attaqué au village Nderemi le 17 mars 2022. Deux ressortissants chinois avaient été tués, leur chauffeur civil blessé.
Dans un autre jugement, la plus haute juridiction militaire de la RDC a condamné à "la peine capitale" pour "détournement des minutions de guerre destinées aux opérations militaires" le lieutenant-colonel Marcel Kaligamire et deux militaires congolais.
Quatre autres soldats et trois civils poursuivis dans ce dossier et condamnés à mort en première instance ont vu leur peine être réduite à 10 ans de prison. Deux civils sont condamnés à cinq ans de prison.
Selon l'accusation, les munitions détournées avaient été vendues au groupe armé Codeco (Coopérative pour le développement du Congo). Depuis l’avènement de cette milice en 2017, la région aurifère de l'Ituri a renoué avec les violences après une décennie d'accalmie. Codeco est accusée d'avoir tué de très nombreux civils ces dernières années en Ituri. Comme la province voisine du Nord-Kivu, l'Ituri est sous état de siège depuis mai 2021.
Tous les militaires condamnés à mort dans les deux affaires ont été radiés de l'armée, selon les deux décisions de justice.
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